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dimanche 17 mai 2015

Turcs: Bataille de Marj Dabiq. monindependancefinanciere.com


Bataille de Marj Dabiq


La bataille de Marj Dabiq était un affrontement militaire décisive dans l'histoire du Moyen-Orient, a combattu le 24 Août 1516, près de la ville de Dabiq, 44 km au nord d'Alep, en Syrie. La bataille faisait partie de la guerre ottoman mamelouk entre l'Empire ottoman et le sultanat mamelouk, qui se est terminée en fin de compte une victoire ottomane, la conquête de la majeure partie du Moyen-Orient par l'Empire ottoman, et la fin du sultanat mamelouk. La victoire de l'Empire ottoman dans cette bataille, il a donné le contrôle de toute la région de la Syrie.

SOMMAIRE

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Les préparatifs de combat


Sultan Al Ashraf al Qansuh Ghawri passé l'hiver de 1515 et le printemps 1516 dans les préparations pour une armée avec laquelle il a proposé marchant aux confins de l'Asie Mineure perturbés, et donc être prêt à toutes les éventualités. Lorsque sur le point de commencer, une ambassade est arrivé de Selim I promettant, toujours en bons termes, de nommer, comme il avait été demandé, un vassal égyptien Dulkadirids, et de rouvrir la frontière pour le trafic de marchandises et des esclaves. Ce est en été sur le 18 mai 1516 lorsque Al Ashraf al Qansuh Ghawri du Caire a commencé avec une nombreuse vigueur, bien aménagées à tous égards, de l'artillerie.

Il a quitté Al Ashraf Tuman Bay II à la tête des choses au Caire, et marcha en grande pompe avec la musique, le chant et la fête. Il se ensuivit quinze émirs d'un mille, outre un grand nombre de moindre degré; 5000 de ses propres Mamelouks, avec la milice; et tout cela complété comme il passait par des contingents syriens et bédouines; de sorte qu'ils ne voulaient pas des numéros.
Les officiers supérieurs de l'État, le calife Al Mutawakkil III, cheikhs et des courtisans, avec muezzins, médecin et Musiciens, suivi dans son train. En chemin, il a également reçu Ahmed, fils de feu prétendant au trône ottoman, et l'emmena avec les honneurs de cour dans l'espoir de tirer sur ses sympathisants de la force ottoman. Avançant lentement Al Ashraf al Qansuh Ghawri entré Damas le 9 Juin, avec des tapis répartis dans sa voie, tandis que les marchands européens dispersés or, parmi la foule. Après un séjour de quelques jours, il se avança tranquillement, parvenue à Homs et Hama avec des festivités, vers Halab.

Pendant ce temps une autre ambassade est arrivé du camp ottoman, qui, en guise trompeuse, apporté des cadeaux coûteux pour le Sultan et également au calife Al Mutawakkil III et vizir, à la demande de Selim I pour une offre de sucre égyptien et confiserie. Il a également laissé entendre que les déclarations judiciaires contre le Shah de Perse Ismail je l'avais forcée à nouveau pour se préparer à la guerre et de prendre le champ. Le chancelier Mughla Baig a été envoyé avec des cadeaux en retour; mais au moment où il a atteint le camp ottoman, Selim Ier avait jeté le costume de la paix; et maintenant de montrer son mépris des Egyptiens, l'ambassade traité ignominieusement, et renvoyé le chancelier rasé et les cheveux coupés, et monté sur un animal boiteux et misérable, avec le reste à pied.

Trahison dans le camp mamelouke


Au Halab, Khai'r Bey le gouverneur mamelouk, qui était secrètement avec la Porte, pour voiler sa trahison lui a donné autant plus splendide d'une réception; mais les habitants ont été très furieux contre les Mamelouks les outrages qu'ils ont commis dans la ville. Ce était juste alors que Mughla Baig retour dans misérable sort, a des nouvelles de l'attitude hostile de Selim I, et à proximité de l'approche de l'hôte turc. Tout doute maintenant supprimé à ce qui était devant eux, un nouveau serment d'allégeance a été prise par Al Ashraf al Qansuh Ghawri des émirs, Qadis, et Mamelouks royaux; présente également été distribués à eux, ce qui les autres ne recevant pas Mamelouks étaient beaucoup déplu. Le Sultan a été de nouveau mis en garde contre la déloyauté de Khayr Baig, et a conseillé de le mettre hors de la voie, mais, dissuadés par l'émir Al Ghazali Janberdi.

Bataille


L'armée a ensuite mis en avant, et le 20 Août, 1516 campant sur la plaine de Marj Dabiq, le voyage d'un jour au nord de Halab, il attendait l'approche de l'ennemi; pour sur cette plaine ce était que le destin de l'Empire était maintenant être décidé. Les Egyptiens, sauf les Mamelouks royaux dont le Sultan a cherché à épargner, se sont bien battus; et à un moment les perspectives turque était si mauvaise, que Selim je ai eu des pensées de retomber. Mais à la fin, les Ottomans, supérieures en nombre et en artillerie gagné le jour. Khayr Baig a précipité la fin par le retrait de signalisation. Les Egyptiens étaient bientôt en plein vol vers Damas pour les portes d'Alep ont été fermées contre eux mais le calife Al Mutawakkil III et certains principaux émirs allé à l'ennemi. Al Ashraf al Qansuh Ghawri lui tomba sur le champ et sa tête a été porté à le Conquérant.
Comptes varient cependant à la façon dont Al Ashraf al Qansuh Ghawri rencontré sa fin. Il est dit que Khayr Baig réparties rapport de sa mort pour précipiter le vol égyptien. Selon certains, le Sultan a été retrouvé vivant sur le terrain, et sa tête coupée et enterré pour empêcher son tomber dans les mains de l'ennemi. Le compte ottomane, ce est qu'il a été décapité par un Turc qui sultan Selim I aurait mis à mort, mais ensuite gracié.

Conséquences


Selim I, accueilli par les habitants comme un libérateur des excès des Mamelouks, entré Alep en triomphe. Le calife, il a reçu aimablement; Mais les juges islamique et Juristsche reprocha leur incapacité à vérifier mamelouk de mauvaise gestion. Rejoint par Khayr Baig et d'autres officiers égyptiens, il a procédé à la Citadelle.
De Halab il marcha victorieusement à Damas, où la plus grande terreur régnait. Mais au-delà des tentatives pour protéger la ville en inondant la plaine autour, rien ne avait été fait pour se opposer à l'ennemi. Action a été paralysée comme d'habitude par la discorde parmi les émirs. Certaines pensées de l'Emir Al Ghazali Janberdi que Sultan, d'autres du fils de Al Ashraf al Qansuh Ghawri. Mais comme les Ottomans se approcha, tout soit allé vers eux, ou ont fui vers l'Egypte. Selim je suis entré dans la ville vers le milieu du Octobre; et les habitants haute et basse; trop heureux d'échapper à la guerre, la soumission facilement apportées à l'Conquérant ottoman. Contrôle ottoman, en dépit d'être souvent mis en péril par des révoltes, devait durer près de trois siècles.

Source :
http://monindependancefinanciere.com/lenciclopedie/


Mohamed ZEMIRLINE

Turcs: Bataille de Marj Dabiq:les Ottomans battent les Mamelouks. lesclesdumoyenorientcom


1517 : les Ottomans battent les Mamelouks

Par Florian Besson

En 1500, l’Empire ottoman envoie des armes et des renforts à une Egypte mamelouke essoufflée et pressée par l’arrivée des Portugais dans l’Océan Indien ; en 1517, les mêmes Ottomans pénètrent dans la citadelle du Caire après avoir écrasé l’armée mamelouke, et intègrent l’Egypte à l’Empire ottoman. Retour sur un profond bouleversement du monde musulman, dans une histoire qui mêle le nez du Sphinx, les épices de l’Inde et les esclaves des Balkans.

SOMMAIRE

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Genèse d’un affrontement


Les Mamelouks bourjites, aussi appelés circassiens car ils viennent surtout du Caucase, règnent en Egypte depuis 1328. Ils ont connu leurs heures de gloire, notamment pendant le règne du sultan Barsbay (1422 – 1438) qui a conquis Chypre en 1426, mais ils n’ont jamais pu dépasser leurs querelles internes. Les Mamelouks, « esclaves sur le trône [1] », sont en effet déchirés par des rivalités perpétuelles et le sultan ne parvient jamais longtemps à établir un pouvoir stable et incontesté. Au contraire, les Ottomans, après leur défaite face à Tamerlan en 1402, se sont refondés comme une dynastie plus puissante que jamais, une puissance manifestée par la chute de Constantinople en 1453. Les relations entre les deux grands pouvoirs du Proche-Orient sont alors encore cordiales – la chute de Constantinople, vieux rêve musulman, est célébrée dans les mosquées du Caire – mais l’affrontement s’impose comme inévitable à plus ou moins long terme. Notons les nombreux points communs entre ces deux puissances : les janissaires ottomans comme les Mamelouks sont des esclaves et anciens esclaves originaires surtout des Balkans et du Caucase, les Ottomans comme les Mamelouks ont fait du turc la langue du pouvoir, et les deux pouvoirs entretiennent avec l’Occident des rapports complexes, entre affrontements militaires et alliances diplomatiques.

Dès les années 1460, les deux dynasties s’opposent au sujet du contrôle de leurs marges, notamment autour du choix du bey de la principauté de Karaman [2]. C’est l’Empire ottoman qui tire alors son épingle du jeu, attirant peu à peu ses principautés dans son orbite. En 1467, une brève guerre éclate entre le sultan mamelouk Qaitbay et le sultan ottoman Bayezid II, le premier ayant empoisonné le frère du second lors d’une entrevue diplomatique. Qaitbay remporte plusieurs victoires et fait fortifier le port d’Alexandrie en construisant un puissant fort, lequel existe encore aujourd’hui. Retour au statu quo, et s’ensuit une longue période de paix, voire même de coopération : alors que les Portugais, à la suite des voyages de Vasco de Gama, font irruption dans l’Océan Indien, les Ottomans envoient en 1500 des renforts et des armes aux Mamelouks pour les aider à faire face aux Chrétiens. Mais ce soutien ne suffit pas, et les Portugais détruisent la flotte mamelouke à Diu en 1508, puis, sous le commandement de l’audacieux Albuquerque, prennent Hormuz en 1515 : à partir de là, ils peuvent non seulement monopoliser le commerce des épices dont dépend la prospérité de l’Egypte mamelouk, mais surtout menacer les lieux saints de la péninsule arabique. Or les Mamelouks se posent, depuis le XIIIème siècle, comme les protecteurs des Lieux Saints : la présence des Portugais à Hormuz est donc ressentie, dans tout le monde musulman, comme un déficit de légitimité. A partir de là, la guerre entre Ottomans et Mamelouks n’est plus qu’une question de temps.

Le nez du Sphinx


En 1512, les Ottomans écrasent les Safavides à la bataille de Tchaldiran et prennent Tabriz, la capitale de l’Empire perse. Ils ne conquièrent pas la région, faute de troupes, mais ils ont neutralisé leur principal ennemi, et peuvent dès lors se concentrer sur les Mamelouks, et, derrière eux, sur les Portugais. De plus, la victoire des Ottomans sur l’Empire perse consacre leur supériorité militaire, et réactive donc le rêve d’unifier sous une même bannière tout le Dar al-Islam.
Il ne manque plus qu’un prétexte pour déclencher cette guerre. En 1516, le sultan ottoman Selim Ier, dit le Cruel, le trouve : les Mamelouks ont favorisé une rencontre diplomatique entre les Vénitiens et l’ambassadeur du shah safavide, deux ennemis de l’Empire ottoman. Les Mamelouks sont accusés d’avoir trahi leurs alliés ottomans, au profit qui plus est d’infidèles, que ce soit les Chrétiens d’Italie ou les chiites de Perse. Une coalition anti-ottomane se dessine, et le sultan d’Istanbul ne peut rester passif. De plus, les Ottomans sont très conscients du danger qu’il y a à laisser les Occidentaux accaparer la route des épices et les conséquents profits qu’elle dégage : il s’agit donc, pour les Ottomans, de supprimer les Mamelouks pour pouvoir ensuite éliminer les Portugais et renouer avec le monde indien. Ces contacts commerciaux, diplomatiques et militaires entre Orient et Occident, entre Tabriz et Venise, Lisbonne et Le Caire, Delhi et Istanbul, dessinent un monde qui, à l’aube du XVIème siècle, se connecte plus que jamais [3].

Alors que les Ottomans rassemblent leurs troupes, le sultan mamelouk Al-Achraf Qânsûh Al-Ghûrî, âgé de 68 ans, traverse la Syrie pour se rendre à Alep. Le 24 août 1516, c’est la bataille de Marj Dabiq, au nord d’Alep. La cavalerie légère mamelouke, si efficace trois siècles plus tôt contre les Mongols, ne peut rivaliser face à l’infanterie lourde et surtout à l’artillerie des Ottomans, qui alignent plus de 80 canons. Malgré une importante supériorité numérique (les Mamelouks alignent 80 000 hommes contre seulement 60 000 pour les Ottomans), c’est une lourde défaite pour les troupes égyptiennes. En pleine bataille, le suzerain d’Alep change de camp et rejoint les Ottomans ; le sultan Al-Ghûrî meurt sur le champ de bataille, le calife abbasside al-Mutawakill III est fait prisonnier et emmené à Istanbul. David Ayalon, historien de l’Egypte mamelouke, a comparé cette bataille aux affrontements entre les Européens et les Indiens d’Amérique : sur les champs de bataille du Mexique comme de la Syrie, l’artillerie s’impose comme la reine des batailles, bouleversant les stratégies anciennes, détruisant de puissants empires au profit de nouvelles forces conquérantes. Selim Ier traverse alors triomphalement la Syrie et le Liban, et est très bien accueilli par des populations locales épuisées par le joug mamelouk. Il change alors ses objectifs : alors qu’il ne s’agissait au départ que de prendre la Syrie (le bilad al-Sham), Selim veut désormais conquérir l’Egypte elle-même. Il tente alors la dangereuse traversée du Sinaï, avec succès.

Le 24 janvier 1517, les Ottomans battent une nouvelle fois les Mamelouks à Raydaniyya, à quelques kilomètres du Caire. Le lendemain, Selim fait une entrée triomphale dans la ville du Caire, même s’il lui faudra encore deux mois de guerre pour vaincre définitivement les forces mameloukes qui contre-attaquent plusieurs fois. Leur principale offensive est contrée par les Mamelouks le 27 mars, devant le Caire : c’est la bataille de Guizeh. C’est probablement à ce moment que le Sphinx, atteint par un boulet de canon ottoman, perd son nez [4]. Finalement, le dernier sultan mamelouk, Tuman Bey, réfugié chez des Bédouins, est capturé et exécuté le 13 avril. Selim rentre à Istanbul dès septembre 1517, non sans laisser au Caire une forte garnison militaire.

Les conséquences paradoxales d’un bouleversement


La défaite des Mamelouks sous les pyramides marque un triple bouleversement. Bouleversement militaire d’abord, on l’a vu, qui consacre à la fois la supériorité de l’Empire ottoman, qui apparaît comme invincible, et le rôle clé de l’artillerie. Selim est présenté par ses chroniqueurs comme un « conquérant du monde » (sahib i-kiran), à l’image d’Alexandre, de Gengis Khan, ou plus encore de Tamerlan – de ce même Tamerlan qui avait failli détruire le premier Empire ottoman, en sorte que la victoire du Caire joue comme une revanche de la défaite d’Ankara. Bouleversement politique, ensuite, puisque l’Egypte et ses dépendances (la Syrie et le Liban notamment) sont absorbés par un Empire ottoman qui s’étend dès lors des Balkans au Soudan. Son extension est si soudaine qu’elle inquiète l’Occident, relançant un temps les projets de croisade, sans qu’ils n’aboutissent ; au contraire, c’est l’Empire ottoman qui conserve l’initiative, et en 1522 Soliman le Magnifique reprend Rhodes aux Hospitaliers ; sept ans plus tard, les Ottomans seront sous les murs de Vienne. Bouleversement religieux, enfin, puisque la capture du calife al-Mutawakill marque la fin du califat abbasside : Selim Ier est désormais le calife, réunissant, pour la première fois depuis le XIème siècle, le pouvoir militaire du sultan et le pouvoir religieux du calife – même s’il faut attendre la fin du XVIIIème siècle pour que le souverain ottoman se pose explicitement comme l’héritier des califes abbassides. Le califat ottoman durera jusqu’en 1924.

Triple bouleversement, donc, mais, étonnamment, les Ottomans ne détruisent pas le système mamelouk, qui se perpétue. Si les officiers mamelouks sont dans un premier temps pourchassés et massacrés, une amnistie est proclamée dès mai 1517, ce qui permet aux Mamelouks, réfugiés en Moyenne Egypte, de revenir au Caire. Ils restent une puissante aristocratie militaire, et forment la principale force armée d’Egypte, une armée indépendante qui a ses règles et ses commandants. Selim nomme d’ailleurs comme gouverneur un mamelouk renégat, Kha’ir Bey, qui a les mêmes prérogatives que le sultan. Celui-ci maintient les traditions mameloukes : don de vêtements à ses favoris, exclusion des Egyptiens du pouvoir, centralisation fiscale. Les conditions de vie de la majorité de la population ne changent quasiment pas. Même si les Ottomans s’affirment comme les protecteurs des Lieux Saints, et donc en charge de la lutte contre les Portugais, et que la khutba (sermon de la prière du vendredi) est désormais dite au nom du calife ottoman, c’est le gouverneur mamelouk du Caire qui nomme les cadis de La Mecque et de Médine. Les charges importantes sont monopolisées par des Mamelouks, par exemple celle du muhtasib, inspecteur des marchés. On a même un renversement complet des rôles, pour le moins étonnant : un an après la bataille de Gizeh, les Mamelouks écrasent une mutinerie de troupes ottomanes qui, faute de solde, voulaient jeter à bas le gouverneur. Les Mamelouks se battent pour soutenir une dynastie qui les a vaincus : le seul chroniqueur de la période, Ibn Iyas (1448 – 1524), un auteur égyptien, note à ce sujet qu’il ne s’est « jamais produit chose plus surprenante sous le ciel ». Les Mamelouks ont su ensuite composer avec les forces ottomanes, sachant se battre contre le sultan ottoman en faisant preuve d’opportunisme, sans jamais entrer en rébellion ouverte. Au cours des 17ème et 18ème, ils reprennent peu à peu le pouvoir, et construisent leur autonomie vis-à-vis de l’Empire ottoman, jusqu’à ce que Napoléon les écrase définitivement sous les Pyramides lors de la campagne d’Egypte. Les Mamelouks ne se relèveront pas de cette défaite-ci.

Si la défaite des Mamelouks est ainsi en partie compensée par leur maintien au cœur du pouvoir, le déclin économique, lui, est profond. En effet, les Ottomans ne parviendront pas plus que les Mamelouks à reprendre l’Océan Indien aux Portugais. Or la conquête de l’Amérique du Sud et Centrale est étroitement liée à la présence portugaise dans l’Océan Indien : l’argent venu du commerce des épices finance directement les entreprises de conquête et de mission, et c’est la Chine qui va absorber l’argent extrait des mines d’Amérique du Sud. En sorte que la bataille de Gizeh a des répercussions jusque dans la mer de Chine ou dans les Caraïbes.

Conclusion


Selim Ier s’est-il demandé combien de siècles le contemplaient du haut des Pyramides ? L’année 1517 marque en tout cas une profonde reconfiguration de l’espace proche-oriental, une véritable translatio imperii, le pouvoir passant du Caire à Istanbul, d’un calife arabe à un calife turc. Mais on a vu aussi que dans cette bataille des Pyramides se jouait non seulement la chute des Mamelouks, mais surtout le destin d’un monde qui se conjuguait plus que jamais sur le mode du global.

[1] Cf L’Histoire, mars 2010, n°351, article de J. Loiseau « Les Mamelouks, des esclaves sur le trône ».
[2] Petite principauté dirigée par des turco-mongols, aux marges de la Turquie contemporaine.
[3] Je renvoie à l’excellent ouvrage de P. Boucheron (dir.), Histoire du monde au XVème siècle, indiqué dans la bibliographie.
[4] Les causes de la destruction du nez du Sphinx sont en réalité encore discutées par les archéologues. On en a longtemps rendu responsable Napoléon, puis un soufi du début du XVIIIème siècle qui aurait souhaité mutiler l’idole par fanatisme religieux ; toutefois, de récentes recherches archéologiques, conduites par M. Lehner, semblent indiquer que la dégradation est antérieure, ce qui redonne du poids à l’hypothèse mamelouke, sans qu’on ne puisse rien affirmer.

Bibliographie


- D.Ayalon, Le phénomène mamelouk dans l’Orient islamique,1996.
- B. Lellouch, Les Ottomans en Egypte. Historiens et conquérants au XVIème siècle, Paris, 2006.
- B. Lellouch, « 1517 : prise du Caire par les Ottomans », dans P. Boucheron (dir.), Histoire du monde au XVème siècle, Paris, 2010, p 443 - 446.

SOURCE :
1517 : les Ottomans battent les Mamelouks. Par Florian Besson

Article publié le 05/04/2013. http://www.lesclesdumoyenorient.com/



Mohamed ZEMIRLINE

Turcs: Bataille de Marj Dabiq 1516. Wikipédia


Bataille de Marj Dabiq 1516


La bataille de Marj Dabiq1, appelée aussi bataille de Mercidabik par les Turcs, est une bataille entre les Mamelouks et les Ottomans qui s'est déroulée à 44 km au nord d'Alep (Syrie) le 24 août 1516 et qui a marqué la suprématie des Ottomans.



SOMMAIRE

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Le contexte


En 1500, les Mamelouks ont subi une défaite en mer Rouge contre les Séfévides qui règnent alors en Perse et qui se réclament de l'islam chiite. En 1511, le sultan mamelouk Qânsûh al-Ghûrî reçoit l'aide des Ottomans qui lui envoient des canons, de la poudre et des équipages pour se défendre en mer Rouge. La même année, Qânsûh al-Ghûrî a créé un corps de fusiliers appelé le « cinquième corps » recruté en dehors de la tradition des Mamelouks. Les retards de versement de la solde aux Mamelouks provoque des mutineries. Les Mamelouks accusent Qânsûh al-Ghûrî de favoriser les nouveaux recrutés et de remplir les caisses à leur seul profit. À la même période, les Portugais ont ouvert la route vers les Indes et leur présence dans l'Océan Indien représente une menace contre l'Arabie et les lieux saints de l'islam. Les Mamelouks, chargés de leur garde, ne semblent plus tout à fait en mesure de l'assurer2.

En 1512, le trône ottoman est occupé par Selim Ier Yavuz. En 1514, la bataille de Tchaldiran oppose les armées du sultan ottoman Selim Ier Yavuz à celles du chah séfévide Ismail Ier. Les Mamelouks ne sont pas venus soutenir les Ottomans. Avec cette victoire, l'armée ottomane a fait la démonstration de l'efficacité de son artillerie contre des armées traditionnelles. Elle a permis aux Ottomans d'étendre leur domaine à toute l'Anatolie. Après avoir pris Tabriz, la capitale des Séfévides, les Ottomans ont dû se replier par crainte de l'hiver et à cause des problèmes de ravitaillement provoqués par l'éloignement de leurs bases. Ils abandonnent leur artillerie à Tabriz3. Néanmoins, après cette bataille, l'empire Perse n'est plus une menace pour les Ottomans qui peuvent s'attaquer à leurs rivaux les Mamelouks.

En mai 1516, le sultan mamelouk Qânsûh al-Ghûrî est parti du Caire pour rejoindre Alep au nord de la Syrie, il y arrive le 10 juillet après avoir fait halte à Damas puis à Homs et Hama. À Damas, Qânsûh al-Ghûrî fait une entrée fastueuse dans la ville en exhibant sa richesse en compagnie du calife abbasside. À Alep, il met son trésor à l'abri dans la citadelle. Il préparait cette expédition depuis un an en prévision de l'attaque ottomane car la région était devenue frontalière avec le domaine ottoman depuis l'année 15142.

La bataille


Le 20 août 1516, l'armée mamelouke est partie d'Alep pour installer son campement dans la plaine au nord de la ville. Le 25 août, Qânsûh al-Ghûrî dispose ses armées en ordre de bataille. Le premier engagement semble favorable aux mamelouks, mais les jeunes recrues restées à l'arrière ne se montrent pas très combatives. Le gouverneur d'Alep, Khayrbak, commandant de l'aile gauche, fait défection avec toutes ses troupes tandis que les Ottomans chargent avec leurs armes à feu. Le sultan Qânsûh al-Ghûrî, âgé de soixante dix-huit ans décède4. Son corps est abandonné sur place5.

Le 29 août, les Ottomans pénètrent dans la citadelle d'Alep abandonnée par son gouverneur mamelouk. Sélim Ier s'empare du trésor que Qânsûh al-Ghûrî y avait laissé5.

Le calife Al-Mutawakkil III est traité respectueusement par le vainqueur mais il est emmené en captivité à Istanbul avec tous les autres notables.

Conséquences


Sur le plan militaire, l'usage des armes à feu et de l'artillerie devient la règle dans les batailles.
Sur le plan politique, la suprématie ottomane est affirmée, la Syrie et l'Égypte font désormais partie de l'empire.
Sur le plan religieux, le califat abbasside est aboli et Selim Ier instaure le califat ottoman qui perdurera jusqu'en 1924.

Notes et références


1. Marj Dabiq en arabe : marj dābiq, مرج دابق, le pré de Dâbiq ; en turc : Mercidabik.
2. a et b Norman Housley, Oxford University Press,‎ 1992, 528 p. (ISBN 978-019822136-4, présentation en ligne [archive] [archive], lire en ligne [archive] [archive]).
3. (en) Kenneth Warren Chase, Firearms: A Global History to 1700, Cambridge University Press,‎ 2003, 290 p. (ISBN 978-052182274-9, présentation en ligne [archive] [archive], lire en ligne [archive] [archive]), « Azarbayjan », p. 120.
4. Qânsûh al-Ghûrî meurt d'une attaque cardiaque ou après avoir absorbé le poison contenu dans le chaton d'un bague de diamant.
5. a et b Gerard Degeorge, Damas, des origines aux Mamluks, L'Harmattan (présentation en ligne [archive] [archive], lire en ligne [archive] [archive]), p. 297-298

SOURCE ::
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Marj_Dabiq

Mohamed ZEMIRLINE