CHUTE DE
CONSTANTINOPLE
CONQUETE PAR
LES TURCS
Le
siège de Constantinople en 1453 – miniature réalisée à Lille en 1455
(Manuscrit
de Bertrandon de la
Broquière , BNF, MS fr. 9087, f . 207v).
La
chute de Constantinople a eu lieu le 29 mai 14 53, lors de la prise de la ville par
les troupes ottomanes conduites par Mehmed II. Elle marque la disparition de
l’Empire byzantin, et donc la fin définitive de l'Empire romain en tant
qu’entité juridique.
Le
siège qui débute au début du mois d’avril 1453 intervient alors que la
situation de Byzance s’est considérablement dégradée lors des siècles
précédents. En 1453, l’empire se réduit aux alentours de Constantinople et au
Péloponnèse et il n’est plus en état de résister à la puissance montante qu’est
l’Empire ottoman à cette époque. Ce dernier a déjà assiégé Constantinople à
deux reprises sans résultats mais contrôle l'Anatolie et une grande partie des
Balkans. Malgré de multiples appels à l’aide des Byzantins en direction de
l’Occident, seules quelques rares troupes italiennes combattent aux côtés des 5
000 défenseurs byzantins conduits par l’empereur Constantin XI. Ces 7 000 à 8
000 hommes sont largement surpassés en nombre par les 80 000 à 100 000 soldats ottomans soutenus par une
flotte de plus de 120 navires. Après avoir résisté à plusieurs assauts, les
Byzantins finissent par céder le 29 mai 14 53. S’ensuit un large pillage de la ville
puis l’entrée de Mehmed II dans la cité. Il gagne à cette occasion l’épithète
de Fatih (le Conquérant) et fait de Constantinople la nouvelle capitale de son
empire qui entre dans sa période faste.
Au-delà
de la fin d’un empire déjà moribond, la chute de Constantinople a un impact
profond sur le monde et notamment en Occident. Héritier de l’Empire romain,
traditionnel rempart à l’expansion musulmane en Orient, l’Empire byzantin
laisse derrière lui un vide important. Cependant, malgré son déclin politique,
l’empire connaît lors de ses dernières années d'existence un profond renouveau
culturel dont les principaux représentants comme Jean Bessarion ou Manuel
Chrysoloras émigrent peu à peu en Italie et dans le reste de l’Europe à mesure
que l’Empire byzantin s’étiole.
De
nombreux historiens, dont Jules Michelet, ont estimé que la chute de
Constantinople constitue une vraie rupture marquant la fin du Moyen Âge et le
début de la
Renaissance. Toutefois , cette vision est de plus en plus
remise en cause et les historiens modernes considèrent plutôt la chute de
Constantinople comme une étape dans le processus de transmission du monde grec
vers le monde latin, conduisant à la Renaissance.

