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lundi 25 mai 2015

Papes: Liste des Papes. Liste critique et caustique 01/02. echolalie.org


Liste des Papes

Liste critique et caustique 01/02

d.n.i. = date de naissance inconnue - d.d.i. = date de décès inconnue - (si la date de décès n'est pas indiquée c'est qu'elle correspond à la fin de règne) - En cas de doubles parenthèses, les premières indiquent les dates de vie, les secondes les dates de règne.
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Nous trouvons plusieurs Listes de Papes sur des sites différents, j’ai été surtout arrêté par celle là, (echolalie.org), présentée par son auteur d’une façon « décontractée », paraissant un peu humoristique, mais comme il le confirme lui-même, elle est bien critique et surtout restant objective.
J’ai gardé sa présentation que j’ai juste « colorée » un chwiya, essayant d’en faire ressortir les traits ou faits importants, ayant caractérisé ces personnages qui ont marqué l’histoire : ajoutant même une sorte de liste dans la table des matières.
A cet effet j’ai dû « séparer » ces « notes » pour pouvoir leur attribuer des liens. Ainsi on pourra rencontrer des phrases divisées sur deux ou trois lignes, cela est donc voulu.
J’ai ajouté quelques « remarques » ou notes personnelles.

Mohamed ZEMIRLINE

SOMMAIRE

Papes: Liste des Papes. Liste critique et caustique 02/02. echolalie.org


Liste des Papes

Liste critique et caustique 02/02

Pie III : né en 1439, (sept-oct 1503) Neveu de Pie II. Refusa plusieurs fois le poste se trouvant trop vieux. Il finit par accepter en 1503 mais ne régna que 26 jours (probablement empoisonné).

Jules II : (Giuliano della Rovere) né en 1443, (1503-1513) 3 filles illégitimes - fait du Vatican, la première puissance de la péninsule italienne - Réduisit à néant le clan de Borgia. Caractériel, frappa un jour Michel-Ange à coup de bâton, parce que ce dernier ne peignait pas le plafond de la chapelle Sixtine assez vite... Du coup Michel-Ange partit faire ses valises, mais le pape lui envoya un émissaire avec 5000 ducats pour se faire pardonner. Le peintre se remit donc au travail pour se faire à nouveau engueuler le lendemain... Autoritaire, belliqueux, intrigant.
La garde suisse
Il est aussi célèbre pour avoir fondé en 1506 la garde suisse qui à l'époque était une véritable armée.
En 1510, le pape Jules II fit construire un bordel strictement réservé aux chrétiens. Fut le dernier pape barbu. Mourut d'une mauvaise fièvre à 70 ans.

Pape Boniface VIII. L'attentat d'Anagni


L'attentat d'Anagni

L'attentat d'Anagni est l'événement le plus célèbre et le plus marquant de la lutte opposant le roi de France Philippe le Bel au pape Boniface VIII.



Historique


Philippe IV le Bel, au début de 1303, est menacé d'excommunication. Conseillé par son nouveau chancelier, Guillaume de Nogaret, il réplique par la convocation d'un concile œcuménique à Lyon dont le but serait de juger le pape, que plusieurs qualifient d'« indigne », et de le déposer. Nogaret est chargé de se rendre en Italie afin de notifier les volontés du roi au pontife, Boniface VIII. Celui-ci, ayant appris les intentions de Philippe IV avant l'arrivée de Nogaret, prépare la bulle Super patri solio (Petri solio excelso1), qui l'excommunie officiellement.

L'apprenant, Nogaret décide d'organiser un coup de main contre le pape avant la publication et la mise en vigueur de la bulle, le 8 septembre. Il recrute une troupe de 600 cavaliers et de 1 500 fantassins menés par deux chefs de guerre, par surcroît ennemis du pape, Sciarra Colonna et Rinaldo de Supino.
Dans la nuit du 7 au 8 septembre 1303, ils investissent la petite ville d'Anagni dans le Latium, où réside le pape pendant l'été. Ils réussissent à s'emparer sans trop de mal du palais pontifical de la ville2. Cependant, les buts de Nogaret et de Colonna ne sont pas les mêmes. Nogaret veut simplement lui notifier la citation à comparaître au concile ; Colonna veut s'emparer de la personne du pape et l'obliger à renoncer à sa charge. Nogaret parvient à calmer son complice et lit solennellement son acte d'accusation au pape. Celui-ci fait face avec dignité sans céder sur aucun point, déclarant : « Voici mon cou, voici ma tête. »
Maurice Druon décrit la scène dans Les Rois maudits : « (...) Là, le vieux pape de 98 ans, tiare en tête, croix en main, seul dans une immense salle désertée, voyait entrer cette horde en armures. Sommé d'abdiquer, il répondait : "Voilà mon cou, voilà ma tête ; je mourrai, mais je mourrai pape." Sciarra Colonna le giflait de son gantelet de fer. Et Boniface lançait à Nogaret : "Fils de Cathare ! Fils de Cathare !" »

dimanche 24 mai 2015

Croisades. Wikipédia


LES CROISADES


Carte des croisades (Larousse 1922).

Les croisades du Moyen Âge sont des pèlerinages armés, prêchés par le pape, une autorité spirituelle de l'Occident chrétien comme Bernard de Clairvaux ou un souverain comme Frédéric Barberousse.

La définition traditionnelle, retenue pour cet article, englobe la période 1095-1291, du concile de Clermont à la prise de Saint-Jean-d'Acre, en se limitant aux expéditions en Terre sainte. Une vision plus large va jusqu'à la bataille de Lépante (1571), pour inclure la Reconquista espagnole, en incluant toutes les guerres contre les Infidèles et les hérétiques sanctionnées par le pape, qui y attache des récompenses spirituelles et des indulgences.

La première croisade débute en 1096 avec des milliers de pèlerins piétons, pour réoccuper une partie des terres perdues lors de l'expansion arabe du IXe siècle, et ainsi rendre Jérusalem accessible au pèlerinage. Elle aboutit à la fondation des États latins d'Orient, dont la défense justifie les sept autres croisades principales, de 1147 à 1291, date de la perte des dernières positions latines en Orient. À partir de la quatrième croisade, qui s'empare de Constantinople en 1204, l'idée est parfois dévoyée: des expéditions sont organisées par le pape contre ses opposants chrétiens (Albigeois, Hohenstaufen, Aragon, Hussites…) ou païens (baltes). Si elles permettent le maintien des États latins d'Orient, les croisades n'ont plus pour objectif Jérusalem.
Les cités marchandes italiennes ont bénéficié des croisades, et développé dans la foulée les liens entre places commerciales européennes.

Le terme « croisade » est rare et n'apparaît pas avant le milieu du XIIIe siècle en latin médiéval et seulement vers 1850 dans le monde arabe1. Les textes médiévaux parlent le plus souvent de voyage à Jérusalem « iter hierosolymitanum » pour désigner les croisades, ou encore de peregrinatio, « pèlerinage »1. Plus tard sont aussi employés les termes de auxilium terre sancte, « aide à la Terre sainte », expeditio, transitio ainsi que « passage général » (expéditions d'armées nationales), « passage régulier » et « passage particulier », ces passages étant des incursions ponctuelles (plus ou moins locales, de brigandage et pillage) et non les « guerres saintes » et « grandes expéditions » que sont les croisades 1.

samedi 23 mai 2015

Fr. Philippe le Bel et les rois maudits. histoire-france.net


Philippe le Bel et les rois maudits



Sacre de Philippe III le Hardi

Grandes Chroniques de France

SOMMAIRE


Introduction


Sous le règne fructueux de Philippe le Bel, la petite monarchie capétienne est devenue une dynastie respectée qui dirige le royaume le plus riche et le plus peuplé d'Europe. Un règne marqué par deux grandes affaires : le conflit avec la papauté et le procès des templiers. Mais qui voit également un accroissement du pouvoir royal, un développement de l'administration et une extension du domaine royal.

Le règne de Philippe III le Hardi


Le règne de Philippe III le Hardi


Philippe III, que l'on surnomma le Hardi, est le fils de Saint Louis et de Marguerite de Provence. Comme il était désormais de règle, il succéda à son père, mort à Tunis, qu'il avait accompagné au cours de la huitième croisade. Philippe III tient son nom de hardi par sa vaillance au combat, mais il s'avère soumis et faible face aux fortes personnalités de son entourage, notamment son oncle Charles d'Anjou. Par le jeu des héritages familiaux, il fit entrer le Poitou, l'Auvergne et le comté de Toulouse dans le domaine royal. Il fit preuve de sagesse en maintenant en place le personnel politique et administratif nommé par son père. Mais il fut aussi entraîné dans le conflit qui opposait son oncle Charles d'Anjou à Pierre III d'Aragon pour la possession de la Sicile.
Philippe soutint la politique de son oncle, chassé de Sicile après les massacres des Vêpres Siciliennes en 1282. Le pape excommunia Pierre III d'Aragon considéré comme l'instigateur du massacre et donna son royaume à Charles de Valois, fils de Philippe le Hardi. Celui-ci mourut à Perpignan en 1285, alors qu'il dirigeait une expédition contre les Aragonais. Le règne de Philippe III constitue un règne de transition entre celui de son père Saint Louis et de son fils Philippe IV le Bel.

Des drôles de saints(es). marjorie-art.voila.net

 




Des drôles de saints(es) 


L'autre jour, je me baladais dans la capitale, quand quelques idées me passant dans la tête, je sentis la nécessité de les noter afin de ne point les perdre. Fatalitas ! Je n'avais rien pour écrire... Qu'à cela ne tienne, j'entre dans la première librairie venue afin d'acquérir un bloc et un stylo bille. Le libraire, un petit freluquet qui s'écoutait parler, était occupé avec une cliente, et ils discutaient haut et fort des saints pour lesquels la dame semblait avoir une fascination assez intrigante. En attendant qu'on daigne s'occuper de moi, je jetais un regard circulaire à l'établissement, me rendant compte alors que j'avais par mégarde pénétré dans une librairie pour culs bénis et nostalgiques des curés en soutanes... Je m'enfuyais et allais faire mes achats un peu plus loin. J'eus du coup l'envie de régler mes comptes avec quelques saints, comme ça...
Je ne crois pas à la sainteté, mais je crois à la morale, pas la morale bourgeoise, mais la morale humaine, celle qui se limite à dire de ne point faire aux autres ce qu'on n'aimerait pas qu'on nous fasse... Seulement, dans la vie tout le monde est amené à faire des erreurs, plus ou moins graves. L'important pour moi, c'est à ce moment là d'en tirer l'analyse, de créer les conditions permettant de ne pas recommencer... Comme disait quelqu'un "l'erreur zéro, ça n'existe pas, mais l'erreur doit être formatrice". Vous aurez compris que la sainteté, je n'y crois pas.
Mais me direz-vous, les chrétiens, et en particulier les catholiques y croient... Ben oui, et c'est parfaitement leur droit, (du moment qu'ils ne viennent pas me réveiller le dimanche matin en me proposant de me convertir...). Donc pour ces gens là, un saint c'est quelqu'un qui a fait le bien toute sa vie, ou qui a été d'une grande piété... Quelques petits exemples suffisent pourtant à montrer que le catalogue des saints est rempli de personnages dont on se demande ce qu'ils y font :

L’INQUISITION. Wikipédia


L’INQUISITION


Inquisiteurs
  
Un article de Wikipédia.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Inquisition
  

Croisades: vues par les arabes. jean-francois.mangin


LES CROISADES

Les croisades vues des arabes

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SOMMAIRE



Division du monde arabe

Les troupes occidentales progressent


Dans le cadre de la 1ère croisade, le morcellement voire même une nette division au sein du monde arabe profitent à la progression des troupes occidentales dès leur entrée en Asie Mineure (actuelle Turquie), et rend inefficace toute tentative de résistance.

Un schisme datant d'un conflit du VIIe divise en effet les sunnites qui dépendent du califat abbasside de Bagdad des chiites qui se réclament du califat égyptien du Caire. Cette division provoque :
- des luttes acharnées entre les troupes arabes, qui s'affaiblissent mutuellement plutôt que de faire front contre les occidentaux,
- des alliances entre clans arabes et occidentaux pour battre d'autres clans arabes, unions qui frôlent souvent la trahison du monde musulman.
Ces divisions et cette absence de solidarité du monde arabe favorisent largement la progression des troupes occidentales fortes de 4500 chevaliers et 30000 fantassins : après la prise par les croisés de la ville de Nicée en 1097, d'Antioche en 1098 puis la chute de Jérusalem en 1099, Tripoli et Beyrouth tombent également sous le contrôle occidental.

Croisades populaires. Wikipédia


Croisade populaire


Pierre l'Ermite, Roman du Chevalier du Cygne, enluminure de 1270

La croisade populaire est un mouvement religieux populaire qui se déroula en marge des croisades officielles. Son but était d'atteindre Jérusalem, cependant, la plupart de ces croisades populaires vont dévier de leur objectif initial pour se transformer en véritables massacres collectifs. La première eut lieu à la suite de l’appel aux croisades du pape Urbain II en 1095. Il y eut par la suite plusieurs autres croisades populaires : la Croisade des enfants en 1212, les Croisades des Pastoureaux de 1251 et 1320, et une autre en 1291 qui provoque la chute de Saint-Jean-d’Acre.

Croisades: 4 ème. Déviation de la 4 ème croisade. persee.fr



La déviation  de  la  4e  Croisade vers Constantinople

Problème  d'histoire  et  de  doctrine

A.  Frolow

Différentes  catégories de faits semblent avoir  été à l'origine de  la  diversion  de  la  4e  Croisade  où  le  monde  latin  a  trouvé un Empire nouveau et où Byzance a  failli  périr  avant l'heure. L'entreprise  a  été  favorisée  par  les  intérêts  et  les  ambitions des partis en cause.  Pour  la mettre en route, il  avait  suffi  d'une série  d'événements  imprévisibles  et  somme  toute  accidentels, mais  qui venaient à  leur  heure et  dont  l'efficacité était  accrue par  la  haine  des  Grecs,  par  l'espoir  de  résoudre  le  schisme  et par les  difficultés  du plan stratégique  devenues apparentes  au cours  de  la  campagne. Telles  sont  les  données  succinctes  d'un  problème  qui  a suscité  une  longue  controverse  scientifique1.  Dans  une  étude déjà  ancienne  mais  toujours  valable,  le  comte  Paul  Riant  a voulu  faire  connaître  les  mobiles  occultes  de  cet  accident prémédité  que  lui  paraissait  être,  la  prise  de  Constantinople par  les  Francs.

Croisades: 1 ère croisade, prédication. mz


Prédication de la première croisade.

Dans : France, costumes au XIe, france pittoresque
« Prédication de la première croisade.

Le plus mémorable événement du onzième siècle fut sans contredit l'entreprise de la première croisade. L'ermite Pierre avait parcouru une grande partie de la chrétienté, racontant partout les misères des fidèles de la Palestine, et partout invoquant pour eux la pitié de leurs frères d'Occident.
L'Europe et en particulier la France étaient donc déjà toutes pleines de l'esprit des croisades, lorsque le pape Urbain II convoqua le concile de Clermont, en Auvergne (novembre 1095). La voix du pontife eut un prodigieux retentissement. Treize archevêques, deux cent vingt-cinq évêques, un nombre presque égal d'abbés mitrés, avec plusieurs milliers de chevaliers et une foule innombrable d'hommes et de femmes de toute condition, accoururent, au coeur de l'hiver, sous le ciel rigoureux de l'Auvergne, attendant impatiemment la proclamation de la guerre sainte. »
« Allah Akbar ! » ajouté par votre humble auteur.

dimanche 17 mai 2015

La Mezquita de Cordoue. lemonde.fr


La Mezquita de Cordoue

À Cordoue, l’évêché réécrit l’histoire de la Mezquita

En 1984, l’Unesco inscrivait la Mezquita de Cordoue au Patrimoine mondial de l’humanité.
Trente ans plus tard, où est-elle passée ? Celle qui dans les guides touristiques apparaît comme l’un des joyaux architecturaux de l’Andalousie, symbole de l’âge d’or de la civilisation omeyyade et de « concorde » entre les religions, a disparu des dépliants. L’exceptionnel monument demeure, mais le diocèse, qui le gère, ne mentionne plus que la cathédrale.



A Cordoue, l’évêché réécrit l’histoire de la Mezquita
Par Sandrine Morel, Le Monde le 3 avril 2014

Une vive polémique secoue l’Andalousie depuis qu’une plate-forme citoyenne, « Mosquée-cathédrale de Cordoue : patrimoine de tous », a dénoncé en février « les tentatives continues d’appropriation juridique, économique et symbolique de l’évêché de Cordoue ». Forte de près de 185 000 signatures sur le site de pétition en ligne Change.org, elle demande que ne soit plus employé seulement le terme de « cathédrale » pour qualifier la mosquée-cathédrale et exige « la reconnaissance juridique de sa propriété publique, une gestion transparente et la rédaction d’un code de bonnes pratiques ». Le gouvernement régional andalou s’est saisi du dossier et des personnalités publiques, comme l’écrivain Antonio Muñoz Molina ou l’architecte Norman Foster, se sont jointes à la cause de la plate-forme.

L’opinion a ainsi découvert comment, ces dernières années, le diocèse de Cordoue a procédé pour gommer le passé musulman de la mosquée-cathédrale et asseoir son contrôle sur les lieux. En 2006, il a ainsi inscrit, discrètement, la mosquée-cathédrale à son nom. « Si l’administration ne s’y oppose pas, en 2016, elle deviendra dans les faits la propriété de l’Eglise, explique Antonio Manuel Rodriguez, professeur de droit à l’université de Cordoue et porte-parole de la plate-forme. Mais notre principal souci est l’accentuation de la gestion confessionnelle des lieux. »

Dans le dépliant, imprimé en 2009, la mosquée apparaît ainsi sous le nom d’« intervention islamique », après la destruction d’une église wisigothe du VIe siècle, la basilique Saint-Vincent, par les « dominateurs musulmans ».La magnifique forêt de colonnes, célèbre dans le monde entier, n’est mentionnée qu’à une reprise, comme un « inconvénient » pour « célébrer la liturgie ». En revanche, le dépliant insiste sur « la transformation chrétienne », la destruction du centre de la mosquée pour y construire le chœur d’une cathédrale, dont l’intérêt artistique est mineur. « C’est inouï. La mosquée est présentée comme une parenthèse dans un ensemble qui appartient aux chrétiens quasiment depuis l’Antiquité. Comme si les musulmans avaient fait quelques rafistolages à quelque chose qui existait avant », s’étonne l’historien Bernard Vincent, directeur d’étude émérite au centre de recherches historiques de l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), après la lecture du dépliant. « Ce texte ne contient pas d’erreurs mais des interprétations qui témoignent d’une campagne pour revendiquer le contrôle total sur la mosquée-cathédrale », continue l’historien français.


« Tentatives de prières de la part de musulmans »

Pour l’Eglise, la mosquée-cathédrale lui appartient depuis qu’en 1236, après la reconquête par Ferdinand III, elle a été consacrée au culte catholique. « Jusqu’en 1998, l’Eglise ne pouvait pas inscrire ses biens destinés au culte. Quand une nouvelle loi nous l’a permis, nous avons, peu à peu, immatriculé nos lieux de culte. A Cordoue et ailleurs, se justifie Pablo Garzon, porte-parole du diocèse. La différence est que ce temple est très polémique. »

Polémique à cause des « tentatives de prière de la part de musulmans  »,éclaircit le jeune prêtre. Or, pour l’Eglise, pas question de les laisser s’agenouiller devant le mihrab, la magnifique niche de prières recouverte de mosaïques en or. Ses gardes de sécurité relèvent rapidement ceux qui s’y essaient. Cette revendication n’est pas nouvelle.

En 2006, l’ancien président de la communauté musulmane de Cordoue, Mansur Escudero, avait envoyé une lettre au pape pour demander l’autorisation pour les musulmans d’y prier. Pour montrer au monde qu’il lui était impossible de le faire, il avait ensuite prié à l’extérieur de la Mezquita, en pleine rue.

En 2010, un groupe de musulmans autrichiens avait essayé de prier dans la mosquée-cathédrale, provoquant des incidents avec les gardes de sécurité. Peu après, le nouvel évêque, le très conservateur Demetrio Fernandez, avait demandé aux autorités municipales de changer la signalisation du monument et de remplacer le terme de mosquée-cathédrale par cathédrale.« On ne fait pas la guerre au mot mosquée, sauf quand il est utilisé de manière exclusive, se défend Pablo Garzon. Mais les travailleurs subissent une pression continue, et nous y réagissons. »

Une forme d’« intégrisme »

La « pression » de la communauté musulmane est devenue le prétexte pour une disparition symbolique de la mosquée de Cordoue. Dans les années 1980 et 1990, le dépliant s’intitulait « La mosquée-cathédrale ». En 1998, déjà, il était renommé « La sainte église cathédrale », avec en sous-titre « ancienne mosquée de Cordoue ». Aujourd’hui, le monument, qui reçoit 1,4 million de visiteurs par an, n’est que cathédrale. « Nous respectons l’utilisation liturgique catholique, précise M. Rodriguez. Mais il est nécessaire qu’il y ait une gestion publique transparente et aconfessionnelle en dehors des offices religieux. Et que la diffusion de documents réponde à des critères scientifiques. »

Federico Mayor Zaragoza, directeur général de l’Unesco entre 1987 et 1999, a averti que « l’Unesco pourrait le déclarer monument ou espace culturel en péril ». De fait, le secrétaire général du comité espagnol du Conseil international des monuments et sites, chargé par l’Unesco du suivi des sites inscrits, Victor Fernandez Salinas, a dénoncé une forme d’« intégrisme »cherchant « à effacer les traces du passé ». Et de remarquer que ces dernières années, « les lieux qui avaient un plus grand sens pour le culte musulman ont été occupés avec des éléments qui renforcent le catholicisme ». Fin 2012, une grande statue de San Juan de Avila a ainsi été placée non loin du mihrab.

Le spectacle de son et lumière proposé lors de la visite nocturne de la mosquée-cathédrale a également accru les tensions. Payé par la mairie mais écrit par l’Eglise après que l’évêque a déclaré en 2008 qu’il « n’accepterait jamais que soit projetée sur les murs la vision de chevaliers arabes », il offre une description orientée de la mosquée, insistant sur l’influence byzantine et les prisonniers chrétiens utilisés pour sa construction. « Après plus de cinq siècles se hisse de nouveau la croix du Christ », conclut la première partie avec une musique grandiloquente. Plus de la moitié de la visite est ensuite consacrée à une description précise du chœur construit entre le XVIe et le XVIIIe siècle. Pourtant, Charles Quint, qui en avait autorisé les travaux après une polémique entre les autorités de la ville, exprima ses remords : « Je ne savais pas ce dont il s’agissait, sinon je n’aurais pas permis que soit touché l’ancien ; pourquoi faites-vous ce qui peut être fait dans d’autres endroits, et avez-vous défait ce qui était singulier dans le monde ? »

Sandrine Morel (Cordoue, correspondance)
Journaliste au Monde
Mardi 20 mai 2014


P.-S.

La pétition “Mosquée-cathédrale de Cordoue : patrimoine de tous”, adressée au gouvernement de la province d’Andalousie, a reçu jusqu’à présent – 19 mai 2014 – plus de 360 000 signatures.

SOURCES :
http://ldh-toulon.net/-histoire-et-colonies-.html
Le Monde :
http://www.lemonde.fr/culture/article/2014/04/03/a-cordoue-l-eveche-reecrit-l-histoire-de-la-mezquita_4394631_3246.html

Mohamed ZEMIRLINE