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dimanche 24 mai 2015

Constantinople: Conquête par les turcs 1453. Wikipédia


CHUTE DE CONSTANTINOPLE

CONQUETE PAR LES TURCS


Le siège de Constantinople en 1453 – miniature réalisée à Lille en 1455
(Manuscrit de Bertrandon de la Broquière, BNF, MS fr. 9087, f. 207v).

La chute de Constantinople a eu lieu le 29 mai 1453, lors de la prise de la ville par les troupes ottomanes conduites par Mehmed II. Elle marque la disparition de l’Empire byzantin, et donc la fin définitive de l'Empire romain en tant qu’entité juridique.
Le siège qui débute au début du mois d’avril 1453 intervient alors que la situation de Byzance s’est considérablement dégradée lors des siècles précédents. En 1453, l’empire se réduit aux alentours de Constantinople et au Péloponnèse et il n’est plus en état de résister à la puissance montante qu’est l’Empire ottoman à cette époque. Ce dernier a déjà assiégé Constantinople à deux reprises sans résultats mais contrôle l'Anatolie et une grande partie des Balkans. Malgré de multiples appels à l’aide des Byzantins en direction de l’Occident, seules quelques rares troupes italiennes combattent aux côtés des 5 000 défenseurs byzantins conduits par l’empereur Constantin XI. Ces 7 000 à 8 000 hommes sont largement surpassés en nombre par les 80 000 à 100 000 soldats ottomans soutenus par une flotte de plus de 120 navires. Après avoir résisté à plusieurs assauts, les Byzantins finissent par céder le 29 mai 1453. S’ensuit un large pillage de la ville puis l’entrée de Mehmed II dans la cité. Il gagne à cette occasion l’épithète de Fatih (le Conquérant) et fait de Constantinople la nouvelle capitale de son empire qui entre dans sa période faste.

Au-delà de la fin d’un empire déjà moribond, la chute de Constantinople a un impact profond sur le monde et notamment en Occident. Héritier de l’Empire romain, traditionnel rempart à l’expansion musulmane en Orient, l’Empire byzantin laisse derrière lui un vide important. Cependant, malgré son déclin politique, l’empire connaît lors de ses dernières années d'existence un profond renouveau culturel dont les principaux représentants comme Jean Bessarion ou Manuel Chrysoloras émigrent peu à peu en Italie et dans le reste de l’Europe à mesure que l’Empire byzantin s’étiole.

De nombreux historiens, dont Jules Michelet, ont estimé que la chute de Constantinople constitue une vraie rupture marquant la fin du Moyen Âge et le début de la Renaissance. Toutefois, cette vision est de plus en plus remise en cause et les historiens modernes considèrent plutôt la chute de Constantinople comme une étape dans le processus de transmission du monde grec vers le monde latin, conduisant à la Renaissance.

Salah Eddine. Wikipédia


SALADIN

SALAH EDDINE

Richard Cœur de Lion et Saladin.

Saladin2 ou Ṣalāḥ ad-Dīn Yūsuf (en arabe: صلاح الدين يوسف) né à Tikrit en 1138 et mort à Damas le 4 mars 11933 est le premier dirigeant de la dynastie ayyoubide, qui a régné en Égypte de 1169 à 1250 et en Syrie de 1174 à 1260.
Lui-même dirige l’Égypte de 1169 à 1193, Damas de 1174 à 1193 et Alep de 1183 à 1193. Son nom, an-Nāsir, signifie « celui qui reçoit la victoire de Dieu » et Saladin signifie la « rectitude de la Foi ». Il est connu pour avoir été le principal adversaire des Francs installés durant le dernier tiers du XIIe siècle et l’artisan de la reconquête de Jérusalem par les musulmans en 1187.

Jérusalem: La voie de libération de Jérusalem. Qassem Abdou Qassem. liberation-opprimes.net


La voie de libération de Jérusalem


Auteur : l’écrivain et historien égyptien
Qassem Abdou Qassem

Traduction Omar Mazri. 12 août 2012.
http://liberation-opprimes.net
  
SOMMAIRE


La voie de libération de Jérusalem 1/2


Scènes de Jérusalem du temps des croisades


Scène I:


Le concile de Clairmont (ou Clermont) — aujourd’hui Clermont-Ferrand — s’est tenu en Auvergne en 1095. Le pape Urbain II l’avait convoqué pour traiter des problèmes de discipline ecclésiastique, à la suite du concile de Plaisance qui s’était tenu six mois plus tôt, mais l’un des faits notables de ce concile est l’appel qu’Urbain II à la noblesse de la chrétienté, lui demandant de lutter contre les Turcs qui selon lui menacent l’empire byzantin et de délivrer les Lieux Saints occupés par les Musulmans. Le pape Urbain II  d’origine française, a été enthousiaste de lancer une « déclaration de guerre » contre les musulmans (1).
Après avoir évoqué les malheurs et souffrances des chrétiens d’Orient, le pape adjure les chrétiens d’Occident de cesser leurs guerres fratricides et de s’unir pour combattre les musulmans païens et délivrer leurs frères en Orient qui est une cause plus juste. En même temps les Chrétiens pourront expier leurs péchés une fois arrivés à Jérusalem. Cet appel de Clermont qui est considéré comme une véritable opération médiatique mensongère contre les musulmans est  considéré comme la cause directe de la première croisade.
L’engagement et la réponse enthousiaste de la part du public chauffé à blanc par des manipulateurs de spectateurs dans une  pièce de théâtre dont chacun avait son rôle à jouer pour mobiliser les foules ignorantes. Ainsi il y eut des cantiques, des appels à la guerre et des chœurs répétant les mots « Dieu veut … il veut le Seigneur » (2). … Ainsi a commencé les croisades …

samedi 23 mai 2015

Guerres arabo - byzantines. Wikipédia


Guerres arabo - byzantines


Feu grégeois, utilisé pour la première fois par la marine byzantine
au cours des guerres entre Arabes et Byzantins.

Les guerres entre les Arabes et les Byzantins sont une série de guerres entre les califats arabes et l'Empire byzantin entre le VIIe et le XIIe siècle. Celles-ci débutent en même temps que les premières conquêtes musulmanes des califes rashiduns et omeyyades et se poursuivent sous la forme d'un bras de fer frontalier permanent jusqu'au début des croisades. À la suite de celles-ci, les Byzantins (les Romains ou Rûm dans les chroniques historiques musulmanes), perdent une importante partie de leur territoire.
Les conflits initiaux se déroulent de l'année 634 à 718, finissant avec le second siège par les Arabes de Constantinople qui arrête la progression rapide de l'empire arabe à travers l'Anatolie. Cependant, les batailles continuent entre les années 800 et 1169. L'occupation des territoires d'Italie du Sud par les armées abbassides aux IXe et Xe siècles ne rencontre pas le même succès qu'en Sicile. Mais sous la dynastie macédonienne, les Byzantins reprennent les territoires du Levant et progressent avec leur armée dans le sud, menaçant même Jérusalem. L'émirat d'Alep ainsi que ses voisins deviennent des vassaux des Byzantins en Orient, où émerge la menace encore plus grande du royaume de l'Égypte fatimide. Ils restent la préoccupation majeure de l'Empire jusqu'à la montée en puissance des Seldjoukides qui prennent possession de la plupart des terres et refoulent les Abbassides à l'intérieur des terres de l'Anatolie. Aussi, l'empereur byzantin Alexis Comnène se voit obligé de demander une aide militaire au pape Urbain II lors du concile de Plaisance; ces évènements sont souvent considérés comme des signes avant-coureurs de la première croisade.

LE RAYONNEMENT DE L'ISLAM. L’ESPRIT DE CORDOUE. Karim Younes


LE RAYONNEMENT DE L'ISLAM. L’ESPRIT DE CORDOUE
Karim Younes


Dès les premiers temps de l’Islam les échanges dans tous les domaines de la science et de la connaissance furent étudiés dans un climat de grande tolérance religieuse et intellectuelle. Cet état d’esprit s’est poursuivi durant la période de la conquête musulmane de l'Espagne.

C’est à cette époque d’ailleurs que furent traduites pour la première fois en arabe les œuvres des philosophes grecs, en particulier Aristote, malgré la réprobation des autorités religieuses. Les initiateurs de cette grande expédition intellectuelle furent Ibn Masarra, un panthéiste, Ibn Hazm -au Xe siècle- et le Juif Ibn Gabirol qui professa une philosophie néoplatonicienne. Le XIIe siècle fut marqué par Ibn Yahia as sayegh (Avempace) et son disciple Ibn Tufayl, dont l'œuvre eut un fort impact parmi les Chrétiens.

vendredi 22 mai 2015

Astronomie arabe. Wikipédia


Astronomie arabe


Astrolabe d'al-Shali (Tolède-1067)
Musée archéologique national de Madrid (Espagne).

Dans l’histoire de l'astronomie, l’astronomie arabe renvoie aux travaux astronomiques accomplis par la civilisation islamique, particulièrement au cours de l’Âge d'or de l'Islam (VIIIe siècle-XVIe siècle), et transcrites pour la plupart en langue arabe. Ces découvertes ont été effectuées pour l’essentiel dans les sultanats du Moyen-Orient, d’Asie centrale, dans l’Al-Andalus, en Afrique du Nord, puis plus tard en Chine et en Inde. Les débuts de l’astronomie ont procédé d'un cheminement semblable aux autres sciences dans l’Islam, par l’assimilation de connaissances de l’étranger et la composition de ces éléments disparates pour faire naître une tradition originale. Les principaux apports sont indiens, perses et grecs, connus par des traductions puis assimilés. 1. Par la suite, l’astronomie arabe exercera à son tour une influence significative sur les astronomies indienne. 2 et européenne. 3 et même sur l’astronomie chinoise. 4.

jeudi 21 mai 2015

ASTRONOMIE ARABE. JP. Maratrey


L’ASTRONOMIE ARABE

« Le chaînon manquant »

JP. Maratrey - août 2009




Les Conquêtes du sultan Selim II.


Les Conquêtes du sultan Selim II


Il était le sultan Selim Ibn (fils de) Souleyman Ibn Selim I, le 11ème sultan de l’empire ottoman et le troisième de ses califes. Il naquit le 2 Shawwal 903 H (24 mai 1497 EC) et depuis son enfance, il fut éduqué, entraîné et préparé à gouverner une nation. Il devint gouverneur de Karaman (Konya, le sultan Mourad I incorpora Karaman à l’empire ottoman après la bataille de Konya. Quand Tamerlan réussit à vaincre les Ottomans, il libéra Muhammad, le fils de Mirza Muhammad ‘Ala' ad-Din Karamanid (d. 792 H), de la prison de Bursa. Ainsi commença le troisième règne de Karaman Uglu. Ibrahim Karamanid (d. 868 H) était le beau-frère du sultan Mourad II. Cependant, quand il signa un traité avec Sigismund, roi de Hongrie, le sultan incorpora deux villes de Karaman, Aksehir et Beysehir, à son empire, et l’état de Dhulqadr prit le territoire de Césarée (Kayseri). Les turcs ottomans occupèrent Konya en 872  H / 1467 EC de façon permanente peu après que le Karaman Oglu eut signé le traité avec les vénitiens. (Dā'irah Ma‘ārif-i-Islāmiyyah : 16-2/8-16)) et servit à cette position pendant six ans. Il fut aussi désigné gouverneur de Sarukhan (Manisia, Saru Khan était une tribu royale qui devint autonome après le déclin de l’empire Seldjouke en Anatolie. Saru Khan, l’émir de Magnesia (de nos jours « Manisa »), prit cette ville en 1313 EC et en fit la capitale de son état. Il lança le Jihad contre les soldats catalans payés par les Byzantins. Saru Khan reçut un tribut annuel de Foca, une ville de Gênes. Bayazid I prit Magnesia à Khizer Shah (792 H / 1390 EC) l’arrière-petit-fils de Saru Khan, qu’il plaça sous le contrôle de son fils Souleyman, ainsi qu’Aydin Eli et Mentisha Eli. Manisa se trouve à 20 miles (32 km) au nord-est d’Izmir. (Dā'irah Ma‘ārif-i-Islāmiyyah : 12/13-14, 21/713)), une position qu’il garda 14 ans, et servit comme gouverneur de Kutahya pendant plus de cinq ans. Le sultan Souleyman le Législateur le choisit pour devenir son successeur, 13 ans avant sa mort.

Arudj et Kheireddin Barberousse. Les conquêtes navales. alfutuhat.com


Les conquêtes navales de Arudj et de Kheireddin Barberousse


Les conquêtes navales d’Oruc

et de Khayr ad-Din Barbarossa



Le célèbre marin Khayr ad-Din Barberousse et son frère Oruc (Arudj) sont nés dans l’une des îles égéennes (Midilli). Ils étaient des corsaires, jusqu’à ce qu’Allah les guide à l’Islam, qu’ils embrassèrent la foi et entrèrent au service du sultan Muhammad Al Hafsi, le souverain de Tunis ou ils luttèrent contre des vaisseaux de guerre espagnols et portugais. Ils envoyèrent un des bateaux qu’ils avaient capturés au sultan ottoman, qui l’accepta et les traita généreusement. Cela augmenta leur confiance et quand le sultan Selim alla en Egypte, ils lui envoyèrent un message dans lequel ils déclaraient leur allégeance à l’empire ottoman.

Arudj parvint à libérer la ville d’Algers et mit en déroute les forces de Charles V envoyées pour le combattre. Il libéra également la ville de Tilimsen (Tlemcen, Algérie), et fut tué lors de l’une de ses batailles contre les Espagnols.

L’apogée de l’Empire Ottoman. alfutuhat.com


ISLAM AL FUTUHAT

L’apogée de l’Empire Ottoman



SOMMAIRE


Muhammad Al Fatih. Les conquêtes de. alfutuhat.com


ISLAM AL FUTUHAT

Les conquêtes de Muhammad Al Fatih



sommaire


La Conquête des territoires serbes



Après avoir conquis Constantinople, le sultan Muhammad Al Fatih s’appliqua à la tâche de renforcer son règne dans la région du Danube, afin d’affronter les Hongrois qui représentaient un obstacle permanent sur le chemin de l’expansion ottomane vers l’Europe.

mercredi 20 mai 2015

Mohammed Al-Fatih. alfutuhat.com


MOHAMMED AL FATIH
Mehmed II. 1432 – 1481
La Conquête de Constantinople



Après la mort du sultan Mourad II, il fut succédé par son fils Muhammad II pour la troisième fois alors qu’il était âgé d’une vingtaine d’année. La première chose à laquelle il pensa lorsqu’il devint sultan, fut de conquérir la ville de Constantinople, espérant réaliser la la prophétie de la bonne nouvelle annoncée par le Prophète (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) et qui ne s’était toujours pas concétrisé : « ‘AbdAllah Ibn Bishr al-Khath‘amī a rapporté de son père qu’il a entendit le Prophète (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui dire : « Constantinople sera conquise. Quel excellent commandant que son commandant (celui qui la conquira) et quelle excellente armée que cette armée. » Mousnad de l’Imam Ahmad, Hadith 18189

 

Le sultan Muhammad II vit que son grand-père, Bayazid I, avait construit à cette intention particulière, une forteresse sur le littoral asiatique du Bosphore, qu’il appela Anadolu Hisari, la Forteresse d’Anatolie.

Cette forteresse fut construite au point le plus étroit du Détroit du Bosphore et Muhammad construisit donc à son tour une forteresse qu’il appela Rumeli Hisari, c’est-à-dire la Forteresse de Rumeli (Roumélie). L’intention derrière cela était d’obtenir le contrôle total du Bosphore. Ce fut le sultan Muhammad lui-même qui en dessina les plans la forteresse fut bâtie par par l’architecte Mouslih ad-Din Agha et 7.000 travailleurs qui achevèrent la tâche en quatre mois. La forteresse avait une forme triangulaire et ses remparts faisaient 20 pieds (6,1 m) d’épaisseur. Dans chaque coin  se trouvait une large tour couverte de plomb, et dont l’épaisseur était 32 pieds (9,7 m).

Mohammed Al-Fatih. Wikipédia


Mehmed II



Mehmed II par Gentile Bellini. vers 1480. Wikimedia

Le sultan Mehmet II le Conquérant ou Mehmed II Fatih1 (en turc : Fatih Sultan Mehmet Han) fut le 7e sultan de l'empire ottoman.

Il était le quatrième fils de Mourad II2. Il serait né le 30 mars 1432 à Edirne3 de Huma Hatun.

C'est la prise de Constantinople en 1453 qui lui valut son surnom de « Fatih » (Conquérant). Il régna à deux reprises (entre 1444 et 1446 puis entre 1451 et 1481) ; dans l'intervalle, c'est son père Mourad II qui reprit le pouvoir. C'était un homme vigoureux et un chef militaire redoutable.

Il était curieux de littérature et des beaux-arts, écrivit des poèmes en turc et en grec; composa des chansons, il s'intéressait à la philosophie et aux sciences, à l'astronomie en particulier. Il fit venir à Constantinople des artistes italiens, dont Gentile Bellini qui fit de lui un portrait célèbre. Il avait appris plusieurs langues, dont le latin et le grec ancien.

Il mourut le 3 mai 1481 à Gebze. Son fils Bayezid lui succéda.

Il eut sept épouses, une fille et quatre fils : Mustafa, Bayezid, Cem (ou Jem/Djem) et Korkut.


SOMMAIRE


Biographie


Premier règne


Fils cadet de Mourad, Mehmed eut une enfance et une instruction difficiles4. Il devint l'héritier du trône à la mort de son frère aîné Alaeddin en 1444. Pour des raisons mal connues, Mourad II abdiqua en sa faveur en juillet ou août de la même année5 et se retira à Manisa.

Le court règne de Mehmed fut agité, sur les plans intérieur et extérieur. Le gouvernement était partagé entre la faction du grand vizir Çandarlı Halil, homme de confiance de Mourad mais qui entretenait de mauvaises relations avec Mehmed, et d'autre part les autres vizirs plus proches du jeune sultan5. Des mouvements populaires provoquant un incendie à Edirne suivirent la prédication d'un derviche hurufi, protégé par Mehmed contre le grand mufti et Halil6.

En 1446, Halil Pacha fomenta une révolte des janissaires qui remirent Mourad II au pouvoir jusqu'à sa mort en 1451. Au printemps 1448, Mehmed participa aux côtés de son père à une campagne infructueuse contre Skanderbeg7.

Accession au trône


Mehmed monta sur le trône le 18 février 1451, dans des circonstances troublées (présence du prétendant Orkhan à Constantinople, opposition des janissaires, mauvaises relations avec le grand vizir Çandarlı Halil). Le nouveau sultan adopta une politique prudente de conciliation : il maintint Halil au poste de grand-vizir, et fut le premier sultan à accorder aux janissaires un don de joyeux avènement8. En conquérant l'émirat de Karaman en mai et juin 1451 et en renouvelant les traités de paix avec Venise en septembre et avec la Hongrie en novembre de la même année, Mehmed montrait ses qualités de stratège comme militaire et comme diplomate.

Le siège de Constantinople


Dès le début de son règne, Mehmed II se concentra sur le projet de faire de Constantinople la capitale de son pays. Il avait conscience que posséder Constantinople serait une source de richesses et qu'ainsi il aurait le contrôle du commerce vers la mer Noire dans un sens et vers la mer Méditerranée dans l'autre sens. Lorsqu'il fit part de son projet, la majorité du divan et en particulier le grand vizir Halil Pacha, critiqua le sultan parce qu'il surestimait ses capacités.

Un saxon nommé Orban fabriqua de nouveaux canons gigantesques qui allaient jouer un rôle important dans la prise de la ville.

La forteresse de Roumélie
(Rumeli Hisarı)

En 1452, Mehmed fit construire sur la rive européenne une forteresse en face de celle que Bayezid Ier avait construite sur la rive asiatique. Ce château fut appelé forteresse de Roumélie (Rumeli Hisarı) tandis que celle de Bayezid Ier s'appelait forteresse d'Anatolie (Anadolu Hisarı). Au cours de ces préparatifs, il renouvela les traités de paix signés avec la Serbie et la Valachie et signa un nouveau traité de paix avec la Hongrie.

De son côté, l'Empire byzantin se préparait en accumulant des réserves de nourriture pour un long siège. L'empereur Constantin XI Paléologue fut inquiet en apprenant la construction de la forteresse de Roumélie à proximité de la ville. Il voulut demander l'aide du pape. Ce dernier mit comme condition à cette aide l'unification des deux Églises catholique et orthodoxe. Mais les rivalités entre les hommes religieux amenèrent l'empereur à abandonner tout espoir d'une nouvelle croisade pour lui venir en aide.
Une fois les préparatifs terminés, Mehmed envoya un message à l'empereur byzantin l'invitant à se rendre. L'empereur Constantin XI rejeta cet ultimatum. En avril 1453, Mehmed assiégea la ville, détruisant tout aux environs et enfermant la population dans ses murs.

Le 19 avril deux tours sur roues furent construites pour pouvoir franchir les murailles légendaires de la ville. La bataille devint sanglante et Mehmed se rendit compte que tant que sa marine n'entrait pas en jeu, la ville pourrait continuer à être soutenue par les navires vénitiens et génois. Il fallait trouver un moyen de pénétrer dans la Corne d'Or mais celle-ci était bien défendue à son entrée par un système de chaînes. Il imagina alors de tirer les bateaux à terre sur la rive européenne et de les faire entrer par l'extrémité de la Corne d'Or (22 avril 1453). La marine ottomane se trouva ainsi au milieu de la ville et elle put bombarder ses murs depuis l'intérieur.
Le mardi 29 mai 1453, l'attaque finale fut lancée (cf. la chute de Constantinople). Plusieurs vagues successives furent repoussées mais les régiments turcs parvinrent au bout de quelques heures à pénétrer dans la ville et Constantin XI périt dans la bataille. À midi, au terme d'une lutte héroïque de part et d'autre, la capitale était prise. L'Empire romain d'Orient, État vieux de 1125 ans, s'était écroulé. Mehmet II entra dans Constantinople dans l'après midi du 30 mai 1453 et mit fin au pillage de la cité avant la fin des trois jours habituellement accordés aux soldats8. Il effectua la prière du midi dans la Basilique Sainte-Sophie, qui marqua sa transformation en mosquée.

Entrée de Memed II dans Constantinople
(Peinture de Fausto Zonaro (1854 - 1929))

Finalement, Constantinople devint capitale de l'Empire ottoman. Le premier décret du sultan après la prise de la « Nouvelle Rome » fut de repeupler la ville morte. Il autorisa donc l'installation de civils, y compris chrétiens, dans la ville, à qui il laissa une relative liberté de culte, marquée par l'intronisation à la tête de l'Église grecque orthodoxe d'un nouveau patriarche, Gennadios, connu pour ses positions anti-unionistes ; il instaura aussi un patriarcat arménien apostolique en 1461. Il se fit appeler Kayser-i Rum: l'empereur romain.

En 1462, il lança la construction du palais de Topkapı.

S'étant présenté comme seigneur des combattants de la foi, il œuvrait dans sa conquête pour acquérir une légitimé au yeux du reste du monde musulman. Les chroniqueurs le qualifient régulièrement de gâzi des gâzis, de champions de la guerre sainte, etc15.

La conquête des Balkans


Mehmed II annexa ce qui restait du despotat vassal de Serbie après la chute de la forteresse de Smederevo en 1459. Le royaume de Bosnie fut incorporé à l'Empire après la mort du roi Étienne Tomašević en 1463.

La conquête des territoires albanais se révéla plus difficile. Skanderbeg, fédérant d'autres seigneurs de guerre, repoussa à deux reprises les armées ottomanes, en 1466 et 1467. Après son décès en 1468, ses partisans parvinrent à contenir les armées ottomanes jusqu'en 1480.

Conquête des vestiges de l'Empire byzantin


En 1460, Mehmed II fit la conquête définitive du despotat de Morée, où régnaient les deux frères de Constantin XI, Démétrios et Thomas. Démétrios se soumit rapidement au sultan qui lui donna une somme importante et quelques îles de l'Égée en apanage, tandis que Thomas s'enfuit avec ses enfants en Occident.

Guerre en Anatolie


En 1461, Mehmed II se tourna vers l'Anatolie. Il conquit la principauté djandaride et l'Empire de Trébizonde en août 1461.

En 1464, Ibrahim le bey de Karaman mourut, et sa succession fut disputée. Deux frères s'opposaient. L'un, Ishak avait obtenu le soutien de Uzun Hasan sultan des Akkoyunlu (clan des « Moutons Blancs »), l'autre, Pir Ahmed reçut le soutien de Mehmed. Pir Ahmed commit l'erreur de chercher un arrangement avec les Vénitiens, Mehmed considéra que c'était une trahison. Il partit en campagne et conquit Konya et Karaman. Pir Ahmed se réfugia chez les Akkoyunlu. L'armée ottomane et l'armée des Akkoyunlu s'affrontèrent près de Otlukbeli le 11 août 1473 : l'armée ottomane, la mieux équipée de l'époque, écrasa ses adversaires.

Conflits avec les Hongrois et les Moldaves


Articles connexes : Bataille de Vaslui, Bataille de Valea Albă et en:Battle of Breadfield.

Conquête de la Crimée


L'objectif de Mehmed II était alors de contrôler le bassin de la mer Noire et de supprimer la suprématie vénitienne et génoise sur la région. En 1475, il conquit les colonies génoises de Crimée, installant l'Empire ottoman au nord de la mer Noire en en faisant un lac turc. Cela lui donna le contrôle du trafic d'esclaves et de la route de la soie.
Ayant pris le contrôle des routes commerciales, Mehmed II fit construire de nouveaux ports et une flotte pour pouvoir concurrencer Venise et Gênes dans le commerce maritime.

Dernières conquêtes


En 1477, il se dirigea sur la côte Est de l'Adriatique pour y prendre quelques îles aux Vénitiens et obtenir un traité de paix avec Venise en 1480. Un de ses vizirs, Gedik Ahmed Pacha prit pied en Italie et conquit Otrante.

Mort


Alors qu'il se rendait vers l'Orient pour une nouvelle campagne militaire, Mehmed mourut sur la route le 4 mai 1481, peut-être empoisonné à l'instigation de l'ordre des derviches Halvetî et de son fils Bayezıd 16.

Après sa mort, ses deux fils Bayezıd (appelé Bajazet par les Européens), l'aîné, et Djem (appelé Zizim) se disputèrent le pouvoir. Défait à deux reprises, Djem se réfugia en Occident où il mourut en 1495 dans des conditions jamais élucidées.


Bilan du règne


Mehmed fut principalement un homme de guerre qui augmenta à la fois sa flotte et son armée, dont il fit l'une des plus redoutables d'Europe. Il renforça le pouvoir personnel du sultan en écartant la famille Çandarlı et en nommant ses esclaves au poste de grand vizir, en mettant au pas les familles de beys des frontières. Il réorganisa l'empire en dotant les non-musulmans d'une hiérarchie centralisée, en faisant d'Istamboul une capitale puissante, en édictant un célèbre recueil de lois (kânûnnâme) 17.

Pour financer ses nombreuses campagnes militaires, il pratiqua une politique de dévaluation de la monnaie ainsi qu'une réforme de la propriété qui lui valurent l'hostilité des ordres religieux ainsi qu'une certaine impopularité 18.

Il laissa ainsi à sa mort un empire plus vaste et plus puissant, mais une armée fatiguée, une situation économique précaire, un peuple mécontent et une élite irritée et divisée ; cette situation fut l'une des causes de la guerre civile qui s'ensuivit 19.


Références


    ↑ fatih, de l'arabe فَاتِح fātiḥ, conquérant; victorieux
    ↑ Halil İnalcık: Mehmed II. dans: Türkiye Diyanet Vakfı İslâm Ansiklopedisi. Band 28, TDV Yayını, Ankara 2003, S. 395–407.
    ↑ Babinger, Mehmed der Eroberer, Piper Kitabevi, Münih 1987, s.8
    ↑ Vatin 1989, p. 81
    ↑ a et b Vatin 1989, p. 76
    ↑ Vatin 1989, p. 77
    ↑ Vatin 1989, p. 78
    ↑ a et b Vatin 1989, p. 88
    ↑ (en) James Smalls, Homosexuality in Art, Parkstone International, (2012), 277 pages, p. 134, ISBN 978-1-7804-2952-6
    ↑ (en) Marios Philippides, Walter K. Hanak, The Siege and the Fall of Constantinople in 1453: Historiography, Topography, and Military Studies, Ashgate Publishing, Ltd., (2011), 759 pages, p. 256, ISBN 978-1-4094-1064-5
    ↑ (en) George Haggerty, Bonnie Zimmerman, Encyclopedia of Lesbian and Gay Histories and Cultures, Garland Science, 2003, p. 1385 : « When Mehmed II captured the city in 1453, his troops were dispatched immediately to capture the most beautiful boys of the Christian aristocracy for him. »
    ↑ Philip Mansel, Constantinople, Hachette, 2011 (544 pages), p. 47 : « Like the city itself, he [Mehmed II] was a collection of contrasts: cruel and gentle, ruthless and tolerant, pious and pederast. »
    ↑ a et b (en) Wayne R. Dynes, Stephen Donaldson, Asian Homosexualities, Taylor & Francis (1992), 368 pages, p. 28
    ↑ Thierry Ganchou, « Le rachat des Notaras après la chute de Constantinople ou les relations « étrangères » de l'élite byzantine au XVe siècle », dans Michel Balard et Alain Ducelier, Migrations et diasporas méditerranéennes (Xe siècle-XVIe siècle siècles), Paris, Publications de la Sorbonne,‎ 2002 n.27 p.155 (lire en ligne [archive])
    ↑ Henry Laurens, John Tolan et Gilles Veinstein, Europe et l’Islam (L'): Quinze siècles d’histoire, Odile Jacob,‎ 2009, 482 pages p. (ISBN 2738122191), p.191-p,192
    ↑ N. Vatin, L'ascension des Ottomans, in Histoire de l'Empire ottoman, p 103 et 105
    ↑ N. Vatin, L'ascension des Ottomans, in Histoire de l'Empire ottoman, p 103-104
    ↑ N. Vatin, L'ascension des Ottomans, in Histoire de l'Empire ottoman, p 104-105
    ↑ Vatin 1989, p. 105


Bibliographie


- André Clot, Mehmed II : le conquérant de Byzance (1432-1481), Paris, Perrin,‎ 1990, 331 p. (ISBN 978-2262007195)
- (en) John Freely, The Grand Turk : Sultan Mehmet II-Conqueror of Constantinople and Master of an Empire, Overlook Press,‎ 2010, 265 p. (ISBN 978-1590204009)
- Franz Babinger, Mehmed der Eroberer, Piper Kitabevi, Munich, 1987
- Olivier Weber, Le grand festin de l’Orient, Robert Laffont, 2004.
- Nicolas Vatin, « L'ascension des Ottomans », dans Robert Mantran, Histoire de l'Empire ottoman, Paris, Fayard,‎ 1989

http://fr.wikipedia.org/wiki/Mehmed_II


Mohamed ZEMIRLINE