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samedi 16 mai 2015

Croisades: contre les cathares. cathares.org


Croisades contre les cathares



1 ère Croisade contre les cathares


Selon certains historiens, le catharisme préfigure le protestantisme qui se manifestera aux XVème et XVIème siècles contre Rome. Le résultat aura néanmoins des conséquences plus dramatiques, en particulier en ce qui concerne la civilisation occitane, dont le mode de vie disparaîtra peu à peu pour rejoindre l'unité française…

On retrouve de nombreuses informations, certes déformées par la vision de l'inquisiteur, dans l'ouvrage Le registre d'inquisition de Jacques Fournier (3 tomes ; première édition en 1494 ; rééditions par Mouton / La Haye, Paris, 1978). La désignation de Cathare vient du grec catharos, signifiant "les purifiés" (inventé par Eckbert, abbé de la double abbaye de Schönau, vers 1163)…

Deux volets sont à distinguer dans cette approche. Tout d'abord, il y a la mobilité de la Maison de Toulouse, dont les comtes cherchaient manifestement à se retirer de la dépendance française en se rapprochant des rois d'Angleterre. Ensuite, il y avait véritablement un risque de «concurrence» pour l'église Romaine…

Quatre croisades en Terre Sainte avaient été réalisées avant que le pape invente et mette sur pied la seule et unique croisade en terre chrétienne. La forte pénétration du catharisme dans la bourgeoisie languedocienne a fortement contribué à l'agacement des prélats romains qui ne pouvaient ni se faire respecter par la population, ni compter sur les seigneurs occitans pour défendre leurs droits. De nombreux chevaliers finirent faidits, perdant ainsi leurs terres, en prenant résolument position contre les croisés venus du nord...

Le comte de Toulouse est excommunié, en 1208, accusé de protection des hérétiques. Pour se racheter, s'engage auprès du pape et des cardinaux à rejoindre la croisade et à lutter contre l'hérésie.

Le roi de France use de tout son poids pour convaincre les grands féodaux français de s'engager. Cet aspect n'est pas négligeable pour lui car il ne faut pas oublier que son combat principal, c'est l'affaiblissement des grands féodaux, et envoyer ceux-ci en croisade loin de leurs fiefs, c'est diminuer leur influence. De grands seigneurs, et non des moindres, vont se croiser. Pour les plus grands, c'est une occasion de négocier certains avantages avec l'Eglise. Pour les plus faibles, c'est une occasion de conquérir un fief ou de se forger un nom à la bataille.

L'armée se constitue sous l'autorité de l'Eglise. Son chef officiel est le légat du pape. Pour lui, la croisade n'a qu'un objectif : l'élimination physique des hérétiques, c'est à dire le massacre systématique. Tous les seigneurs et leurs troupes sont aux ordres du légat, mais l'armée est aussi constituée de gens d'armes indépendants, les routiers, qui ne suivent la croisade que pour piller et rançonner le pays attaqué. ..

Un beau jour de 1209, la croisade se met en route, et désormais, la ruine et la désolation vont s'abattre sur le pays d'Oc. Après avoir passé Montpellier qui appartient au roi d'Aragon, les croisés mettent le siège devant Béziers. Première déconvenue pour les croisés, les catholiques de la ville refusent de coopérer et de livrer leurs hérétiques. Désormais, la croisade sera obligée de combattre la totalité de la population, et pas seulement les hérétiques comme elle l'avait prévu au départ. La guerre de religion se transforme en guerre de conquête. Le vicomte de Béziers, Raimond-Roger Trencavel a laissé la ville à ses lieutenants et est allé s'enfermer à Carcassonne. A l'époque, Béziers est une puissante ville fortifiée : juchée sur un promontoire escarpé, elle est protégée en plus à l'Ouest par l'Orb, rivière large et profonde. Les croisés s'installent et les biterrois se moquent d'eux: ha ! Les fiers chevaliers dans leur cote de maille en train de fondre au soleil ! Certains d'entre eux poussent même la chose jusqu'à ouvrir les portes, et traverser le pont sur l'Orb pour les provoquer ! Mais les routiers sont plus prompts au combat que les seigneurs français : ils se précipitent sur les audacieux, les taillent en pièces, foncent sur les portes et pénètrent dans la ville. Avant que les croisés n'interviennent, le massacre a déjà commencé et la ville est dévastée par les flammes avant même d'être mise à sac... C'est à cette occasion que Arnaud-Amaury aurait prononcé les célèbres paroles :

"Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens !"
Tout le monde a entendu parler de cet épisode tragique.

Le premier fief de Trencavel est dévasté, et sa population massacrée. Les historiens ne sont pas d'accord sur le nombre des victimes du sac (entre 4.000 et 40.000 !) … l'Eglise a mis sa menace à exécution, et Béziers n'est que le premier acte d'une longue série de combats et de massacres qui ne s'arrêteront que près de quarante ans plus tard (1209 - 1244), avec le bûcher de Montségur.

Les croisés continuent leur progression et arrivent devant Carcassonne. Là, les choses vont se ralentir car il faut mettre le siège devant cette ville fortifiée. Trencavel, à qui Béziers a tenu lieu de leçon, s'est mis à l'abri derrière ses murs crénelés. Pourtant, Carcassonne tombera et son seigneur avec. Venu négocier la reddition de la ville, Trencavel est fait prisonnier par surprise et jeté dans un cul-de-basse-fosse. Le vicomte étant dépossédé de ses fiefs, les croisés et le légat procèdent alors à leur redistribution. Le légat propose les terres au noble de plus haut rang, le duc de Bourgogne, en l'absence du suzerain, le roi de France. Le duc refuse, ainsi que les grands seigneurs. L'assemblée des croisés donne alors les terres à un seigneur du Nord de la France, Simon de Montfort. Simon devient le nouveau vicomte de Carcassonne, et en même temps devient le chef militaire de la croisade…
C'est lui qui restera sur place pour défendre son fief, selon le serment qu'il a fait à l'Eglise Catholique, et qui organisera les éléments armés de la croisade. Cette dernière arrive ainsi à un de ses premiers objectifs sur cette partie du territoire, rétablir l'ordre féodal et catholique...

En 1211, le concile se réunit à Montpellier. Il doit étudier le cas du comte de Toulouse. Raimond VI a participé à la croisade du coté des croisés, mais cela n'a pas fait pencher la balance de son coté. Le concile maintient donc sa sentence envers lui et énonce à Montpellier une charte qui devra être observée par Raimond VI et ses descendants. Cette charte, qualifiée de "Charte Infâme" par les toulousains contient entre autres les points suivants : il devra renvoyer ses routiers ; il devra cesser de protéger les hérétiques et les juifs ; il devra faire maigre 6 jours par semaine ; il devra porter des habits de drap brun et rugueux ; ses châteaux et les remparts de ses villes seront démantelés ; lui et ses chevaliers seront interdits dans les villes ; il ne pourra plus toucher de droits de péage, et il aura pour obligation de partir en terre sainte sous la garde des hospitaliers jusqu'à ce que Rome décide de son retour. Si toutes ces conditions sont réunies, le concile se garde le droit de lui réattribuer ses fiefs, dès la fin de sa pénitence....

On aurait pu penser que le concile aurait pu se montrer conciliant... Se pourrait-il que le roi de France ait pu faire jouer ses appuis au concile, et intrigué pour empêcher la réhabilitation de Raimond, et garder ainsi sous son coude le comté de Toulouse par la mainmise de Simon de Montfort ? Ou encore est-ce les évèques et les légats qui ont imposé leur volonté en fonction de leurs intérêts ? La question reste posée...

Evidemment, Raimond refuse cette charte qui le spolie de tous ses biens, et quitte alors la croisade qu'il n'avait intégrée que pour défendre ses terres. Il se réfugie à Toulouse et s'y enferme…
Désormais, pour Raimond VI, il n'y a plus d'alternative : il doit lutter contre l'Eglise et contre la croisade.

Après la bataille de Muret,  C'est la débâcle des seigneurs occitans, et en premier Raimond VI, qui quitte immédiatement Toulouse et émigre en Angleterre…

2 ème Croisade contre les cathares


Malgré les demandes réitérées de Raimond VII pour obtenir officiellement son héritage et ses titres lors de concile de Bourges en 1225, l'Eglise va attribuer d'office la totalité des domaines de Raimond VII au légataire de Amaury de Montfort, Louis VIII, roi de France…
Louis VIII n'en attend pas moins, et se croise aussitôt. Il part pour le midi en 1226. En Languedoc, la nouvelle fait l'effet d'un coup de tonnerre : une nouvelle croisade, et avec le roi de France ! Dans les mémoires, on garde le souvenir du massacre de Béziers, mais aussi celui de Marmande perpétré par le même prince qui revient à la tête de son armée ! …
L'Eglise va encore enfoncer le clou, en excommuniant Raimond VII en 1227

Résistance des cathares


C'est désormais le pouvoir royal qui impose ses lois et ses impôts. Les évêques, qui ont récupérés leurs droits et leurs possessions, ont en point de mire la disparition de l'hérésie. Ils vont s'y employer avec les mêmes recettes que celles qu'ils ont utilisées avant la croisade. Mais ils ont retenus la leçon : ils savent qu'il faut faire des exemples et que rien ne vaut la sentence suprême pour décourager les plus tièdes. En 1233, ils obtiennent du pape la reconnaissance officielle d'un office spécifique chargé de la lutte contre les hérésies existantes ou à venir, et qui est confié à l'ordre qui a assuré les missions, les frères prêcheurs ou Dominicains. Cet office prendra le nom d'Inquisition.

L'Inquisition commence en premier lieu dans le midi où sa première mission sera d'extirper le catharisme et d'éliminer par le feu tous les croyants cathares qui refuseront d'abjurer leur foi. Des tribunaux permanents sont installés dans les grandes villes du midi. A Carcassonne, ils s'installeront dans une tour de la cité qui portera le nom de "tour de l'Inquisition". Les bûchers d'hérétiques vont s'allumer un peu partout dans le midi : dès 1234, 210 personnes sont brûlées à Moissac sur l'ordre des inquisiteurs. Cette vague de répression va engendrer une réaction de la part de la population et même de certains seigneurs contre les inquisiteurs qui vont même être expulsés de Toulouse…

LES COUPABLES


Le Languedoc a été dévasté pendant près de cinquante ans, il a perdu son indépendance et une partie de sa culture et sa population a été décimée. Il remettra des dizaines d'années pour se relever économiquement mais contestera chaque fois qu'il le pourra le pouvoir central français. …
La lutte contre l'hérésie n'a donné lieu qu'à un massacre systématique…

La croisade contre les Albigeois peut donc presque se résumer en une guerre de colonisation du midi par le roi de France. Encore une fois, l'hérésie ne fût qu'une parenthèse. Tôt ou tard, l'Eglise aurait trouvé un moyen d'éliminer cet abcès, et il faudra de toute façon attendre l'arrivée de pouvoirs réellement indépendants de l'Eglise, pour voir une religion différente du catholicisme avoir un caractère officiel.

Source :
http://www.cathares.org/coupable-de-croisade.html

Mohamed ZEMIRLINE


vendredi 15 mai 2015

Colonisation, Torture. NAdjib CHITOUR


La torture et le pouvoir colonial :
Les atrocités commises pendant la Révolution

Tout au long de l’invasion coloniale, la torture fut utilisée sans retenue. Il n’y eut aucune protestation puisque cela permettait de civiliser. Point de protestation de Lamartine, Hugo, Balzac, Zola et tant d’autres «humanistes».

Pour la période de la révolution. Dès 1958, Henri Alleg posait clairement la question et dénonçait la pratique de la torture, que le général Massu, vainqueur de la bataille d’Alger, admettra plus tard avoir été «généralisée et institutionnalisée». Pour sa part. Serge Moureaux est catégorique; la France officielle a bien certaines fois fermé les yeux et dans tous les cas laissé faire aux bourreaux leur sale besogne «…Donc l’Algérie c’est la France et le FLN, une «association de malfaiteurs» sur laquelle doit s’abattre la rigueur des lois, ou comme disait Peyrefitte, la «rugueuse fermeté de la République (…) Torture-t-on en 1956-60 dans les commissariats français? Oui, indiscutablement. Certainement pas partout, ni tout le temps. Mais il ne s’agit pas non plus d’exception ou de bavures.

Certains hommes, certains services font -au nom de la sacro-sainte efficacité policière- un stupide, un funeste excès de zèle.» Hommes attachés nus à des radiateurs par des menottes, brûlés par des cigarettes, frappés au… La torture donc, existe.Elle consiste aussi, le cas échéant, à livrer les hommes nus aux chiens policiers, en les enfermant dans la cage des bergers allemands après avoir privé ceux-ci de nourriture. L’accusé, sauf à en mourir, revenait de ce traitement à l’état de loque sanglante, disposé le plus souvent à dire n’importe quoi, plutôt que de connaître une nouvelle expérience. J’ai vu, j’ai vu hélas, les corps meurtris des militants de la cause algérienne. J’ai vu hélas, ces cicatrices inimitables, ces cicatrices que nul homme n’aura l’idée saugrenue d’inventer ou de s’infliger. Ces cicatrices de la honte de notre civilisation qui se gargarise trop aisément de qualificatifs pompeux.»
Si l’on se réfère à certaines autorités ecclésiastiques, la présence française en Algérie est assimilée à une croisade des temps modernes. Pour le Cardinal, la terreur doit changer de camp!  » Analysant le  » mécanisme et le pourquoi de la torture « , F. Fanon écrit: «La torture en Algérie, n’est pas un accident, ou une erreur ou une faute. Le colonialisme ne se comprend pas sans la possibilité de torturer, de violer ou de massacrer. La torture est une modalité des relations occupant-occupé.»

Pour le devoir de vérité, il nous faut signaler le témoignage courageux du général Paris de la Bollardière. Le général donna sa démission pour protester contre les «méthodes» musclées employées par le général Massu pour arracher des renseignements aux prisonniers algériens. Cette prise de position fait l’effet d’une bombe. Elle émane de l’un des plus éminents généraux, décoré de la Légion d’honneur, Compagnon de la libération:

C’est néanmoins avec le récit en juin 2000 de Louisette Ighilahriz, militante du FLN torturée par des militaires français, que la Guerre d’Algérie a resurgi. Ce témoignage poignant a entraîné les «regrets» du général Massu qui pense que la torture n’était pas indispensable». Par contre, dans son livre, Aussaresses écrit que son bataillon a tué 134 personnes et en a blessé des centaines. A la 10e DP sous les ordres directs de Massu, il procède aux éliminations, déguisées en suicides, de Ben Mhidi et Ali Boumendjel en février et mars 1957. Le 3 mai 2001 paraît, un ouvrage du général Aussaresses, il assume sans remord: «Je trouve que c’était nécessaire, quand nous l’avons fait, et utile…Si c’était à refaire, je referais ce chemin. Je ne serais pas content, mais je le referais… C’était pour la France. C’est le devoir d’un soldat. J’assume.» Dans La Torture dans la République de Pierre Vidal-Naquet, il est désigné comme le chef de file «de ce qu’il faut bien appeler une équipe de tueurs professionnels».

Même son de cloche d’un autre tortionnaire, Jean-Marie Le Pen: «Je n’ai rien à cacher. J’ai torturé parce qu’il fallait le faire.» Dans la villa des Roses et la villa Susini, Le Pen a torturé avec toutes les méthodes dont il a fait une science exacte. Lors de l’une de ses opérations, il a torturé devant ses enfants, il a égaré son poignard où son nom est écrit. Remuant ciel et terre il ne le retrouva pas et pour cause, il fut caché par le fils de 11 ans du supplicié, quarante ans plus tard le poignard refait surface et est présenté à la justice. Jean-Marie Le Pen aurait été sauvé d’une mort certaine par un soldat algérien en opération lors de la guerre de l’Indochine en 1953. Cet ancien engagé de l’armée française du nom de Bouabda Zaïdi réside à Aïn Azel (Sétif). M.Bouabda: «Sans mon intervention, Le Pen aurait laissé sa vie ce jour-là en Indochine», ajoute-t-il.
Plusieurs dizaines d’Algériens ont été guillotinés depuis 1954 avec l’avis du chef de l’Etat français….A Alger, à Paris, à Lyon, on exécute en série. Et en ce début de 1961, ce sont des dizaines de condamnés qui attendent des honneurs du «rasoir national». En octobre 1961, les exactions du préfet Maurice Papon contre l’émigration algérienne ont fait réagir Pierre Bourdieu: «J’ai maintes fois souhaité que la honte d’avoir été le témoin impuissant d’une violence d’État haineuse et organisée puisse se transformer en honte collective. Je voudrais aujourd’hui que le souvenir des crimes monstrueux du 17 octobre 1961, sorte de concentré de toutes les horreurs de la Guerre d’Algérie, soit inscrit sur une stèle, en un haut lieu de toutes les villes de France, et aussi, à côté du portrait du président de la République, dans tous les édifices publics, mairies, commissariats, palais de justice, écoles, à titre de mise en garde solennelle contre toute rechute dans la barbarie raciste.»

Jean Jaurès citant Clemenceau, déclare à la Chambre des députés en 1908: «On a tué, massacré, violé, pillé tout à l’aise dans un pays sans défense, l’histoire de cette frénésie de meurtres et de rapines ne sera jamais connue, les Européens ayant trop de motifs pour faire le silence (…)» Tout est dit. Non, la colonisation ne fut pas une oeuvre positive.

NAdjib CHITOUR, l’Expression

1. P.Christian: Histoire nationale des conquêtes, victoire et nouvelles découvertes des Français depuis la prise d’Alger jusqu’à nos jours, Paris, 1845-1846.
2. Colonel L. François de Montagnac: Lettres d’un soldat, Paris
3. Olivier Lecour Grandmaison: Coloniser exterminer Ed Casbah Alger
4.http://forum.aufeminin.com/forum/actu1/__f110446_actu1-La-france-a-commis-un-genocide-en-algerie.html
5. S. Moureaux: Avocats sans frontière. p.19. Editions Casbah. 2000
6. F. Fanon: Articles El Moudjahid: n° 8, 5 08 1957; n° 35, 15 01 1959; n° 37, 25 021959;
7. Nabil Foudi, pour Sétif. Info http://www.setif.info/article6511.html
8. Pierre Bourdieu: Le 17 octobre 1961, un crime d’Etat à Paris, Paris, Ed La Dispute, mai 2001

SOURCE :
Juin 16, 2014 BABZMAN Histoire, La colonisation française (1830 à 1962
http://www.babzman.com/2014/la-torture-et-le-pouvoir-colonial-les-atrocites-commises-pendant-la-revolution/


LA BLEUITE. Nora Hamamouche


COMMENT LA BLEUITE A EMPOISONNÉ LE FLN
Nora Hamamouche

A la fin des années 50, une opération de manipulation montée par les services français a déclenché une purge dévastatrice au sein de l’Armée de Libération nationale. Dans son livre « Il faut abattre la Lune », Jean-Paul Mari raconte cet épisode, l’un des plus tordus de la guerre d’Algérie.
Extraits
Toute la zone rebelle de la willaya III est intoxiquée par la « bleuite ». Ce nom étrange vient des bleus de chauffe arborés en guise d’uniforme par les spécialistes de la guerre contre-insurrectionnelle dirigée par le capitaine Paul-Alain Léger. L’homme est redoutable : fin, cultivé, brun, un regard noir et perçant, le nez aquilin, les lèvres minces, avec à la fois quelque chose de féminin et de prédateur dans le visage. Parachuté en France en juillet 1944, rompu au combat dans les rizières d’Indochine et les djebels, il n’ignore rien des méthodes des services secrets français, de l’action psychologique et de la manipulation. Quand il débarque à Alger, des bombes viennent d’exploser dans la capitale, dont la Casbah est aux ordres directs du FLN. Le capitaine Léger décide de noyauter l’organisation. Son supérieur hiérarchique, le colonel Godard, lui-même ancien de la Résistance, des troupes du 11e choc et du renseignement en Indochine, approuve son projet. Le GRE (Groupe de Renseignement et d’Exploitation) est né.

Le principe de la bleuite est simple et diabolique. Quand un rebelle est identifié et arrêté, il est interrogé, souvent torturé, toujours compromis ou piégé. On lui offre de changer de camp. Brisé, retourné ou acquis à sa nouvelle cause, il rejoint les Bleus. Une fois remis en liberté, il reprend le chemin de sa willaya, où on l’aide en secret à gravir un à un les échelons de l’Armée de Libération nationale. Le jeu est terriblement dangereux. De son bureau à Alger, le capitaine Léger met à profit le moindre renseignement et document saisi, confectionne de faux cachets et rédige des lettres signées des « frères d’Alger » qu’il fait parvenir par des boîtes aux lettres clandestines aux vrais « frères du maquis ».

Au fil des mois, ses hommes s’infiltrent, le renseignent et tissent une vaste toile d’araignée. Un soir, quand un de ses émissaires revient de la montagne en lui mettant sous les yeux une lettre officielle surchargée de cachets du FLN, le capitaine Léger se frotte les yeux : « Le porteur de cet ordre de mission est habilité au nom de la willaya III à représenter l’armée et le Front de Libération nationale au sein de la zone autonome d’Alger. » En clair, ce sont désormais les services français qui ont pris la direction politico-militaire de la région d’Alger, toute une partie du maquis. Et c’est le capitaine Léger qui décide du choix des armes et du lieu des attentats antifrançais !
Evidemment, les nuits d’Alger redeviennent calmes et il ne se passe plus grand-chose en dehors d’une voiture brûlée et d’une escarmouche sans conséquences. L’opération « double jeu » va durer six mois, pendant lesquels le FLN se demandera, stupéfait, pourquoi les activités terroristes des « frères d’Alger » sont quasi nulles. Fin 1958, la manipulation se transforme en intoxication meurtrière quand Léger introduit au sein du maquis le virus de la bleuite, qui va progressivement gagner toute la willaya III du redoutable Amirouche. La méthode consiste à déceler un authentique maquisard, rétif, impossible à retourner, et à faire mine de lui proposer de rejoindre les Bleus. Le capitaine Léger lui explique alors à quel point le maquis est infiltré, lui cite les noms des « traîtres », lui fait lire des faux documents et entendre des pseudo-messages radio à destination de ses soi-disant complices de la willaya III. Il suffit ensuite de faire semblant d’envoyer l’homme en mission non loin d’un maquis FLN pour qu’il s’empresse de s’évader et d’alerter ses chefs sur l’étendue des dégâts présumés.

Dans la montagne, le doute s’installe, renforcé par la découverte de cadavres algériens tués dans un simulacre bruyant d’embuscade. Sur les corps abandonnés, les vrais fellaghas accourus découvrent de petits papiers soigneusement roulés, faux ordres de mission français cousus dans la doublure des treillis. Le syndrome aigu de paranoïa politico-militaire va gagner, s’étendre en cercles concentriques à toute la willaya et déboucher sur un nettoyage façon Khmers rouges. [...] Dans la willaya III, Amirouche, son chef, est connu comme un homme intraitable, psychorigide et brutal. Puisqu’il est persuadé que le corps de la rébellion est gangrené, il décide de traiter le mal à sa manière. Son lieutenant Hacène Mayhouz fait installer chaque soir un kanoun, sorte de barbecue à même le sol, et suspendre les premiers suspects par les chevilles et les poignets... C’est la technique de l’« hélicoptère », où le supplicié monte et descend le ventre offert aux braises du kanoun. Au petit matin, ceux qui n’ont pas parlé sont morts ; les autres, atrocement brûlés, ont fini par avouer n’importe quoi et à donner d’autres noms. Ils sont exécutés comme le méritent les « traîtres ». Fort de ces renseignements, Amirouche ordonne aussitôt d’élargir le champ des investigations. Et l’« hélicoptère » fonctionne à plein régime.

Le 3 août 1958, Amirouche adresse une longue mise en garde aux commandants des autres willayas : « Cher frère, j’ai le devoir de vous informer en priant Dieu pour que ce message vous parvienne à temps de la découverte en notre willaya d’un vaste complot ourdi depuis de longs mois par les services français contre la révolution algérienne. Grâce à Dieu, tout danger est maintenant écarté, car nous avons agi très rapidement et énergiquement. Dès les premiers indices, des mesures draconiennes étaient prises en même temps : arrêt du recrutement et contrôle des personnes déjà recrutées, arrestation des goumiers et soldats "ayant déserté", arrestation de toute personne en provenance d’autres willayas, arrestation de tous les djounoud [soldats] originaires d’Alger, arrestation de tous les suspects, de toutes les personnes dénoncées de quelque grade qu’elles soient et interrogatoire énergique de ceux dont la situation ne paraissait pas très régulière. » On estime à 2000 hommes le nombre de « suspects » suppliciés. Dans sa circulaire, Amirouche précise que les traîtres sont surtout des personnes instruites, intellectuels, étudiants, collégiens, médecins et enseignants. L’« hélicoptère » a sans doute brûlé jusqu’à la mort le ventre d’une partie de l’intelligentsia algérienne.

Nora Hamamouche

29.04.2015

jeudi 14 mai 2015

Libye, les députés français votent la guerre. Thierry Meyssan


NOSTALGIE
LES DEPUTES FRANCAIS VOTENT LA GUERRE
Thierry Meyssan. Thu, 28 Jul 2011
RÉSEAU VOLTAIRE

Invités à exercer leur contrôle démocratique sur la guerre de Libye, les députés français ont validé un discours consensuel de bons sentiments, sans jamais questionner la réalité des faits qui leur étaient présentés. Ignorants des procédures internationales en cours contre la France, ils ont validé des crimes de guerre. Oubliant la langue de bois humanitaire, les orateurs de la majorité présidentielle ont dévoilé leurs intentions coloniales : ils ont évoqué les opportunités économiques offertes par la guerre et se sont félicités de la conquête de la Cyrénaïque.




Le discours colonial revient à l’Assemblée nationale.


L’Assemblée nationale française a débattu, le 12 juillet 2011, de la poursuite de l’intervention militaire en Libye [1]. Il s’agissait là de l’application d’une nouvelle disposition constitutionnelle prévoyant un vote du parlement à l’issue de trois mois d’opérations extérieures.

Les Députés se sont félicités, à juste titre, d’être ainsi co-decisionnaires de l’engagement des forces armées. Cependant, si cette réforme voulue par Nicolas Sarkozy marque une nette avancée démocratique, on est encore loin du compte. D’abord parce que ce vote n’intervient qu’à l’issue de trois mois de guerre ; et ensuite parce que les parlementaires n’ont pas su ou pas pu le préparer. Ils ne disposaient à l’évidence d’aucune réflexion approfondie sur les implications en droit international (des milliers de plaintes de ressortissants libyens sont en cours de dépôt devant les juridictions nationales européennes et internationales), d’aucune information sur les événements ayant précédés cette guerre (planification par Washington dès 2002, tentative de putsch organisée par Paris en 2010, protocoles secrets du Traité de Lancaster House du 2 novembre 2010…), ni d’une évaluation contradictoire des crimes imputés au gouvernement libyen et aux rebelles (chaque jour on découvre que des crimes imputés au gouvernement de Tripoli n’ont pas existé, tandis que l’on a ignoré des crimes commis par les rebelles), ni même d’une vision claire des opérations militaires en cours (rôle d’Al Qaida et de Xe-Blackwater, choix des cibles de bombardement, déploiement du COS au sol, livraisons d’armes, état réel des combats…).

Dans ces conditions, l’Assemblée ne savait pas de quoi débattre et n’a joué que le rôle d’une chambre d’enregistrement. Même la contribution du Groupe communiste et apparentés qui a voté « non » s’est trouvée réduite à un exposé de principes sans argumentation serrée. Quand aux députés non inscrits, ou aux députés dissidents des groupes parlementaires, ils n’ont pas eu droit à la parole alors même que certains d’entre eux étaient les mieux informés de l’Assemblée.

Hypocrisie collective ou incompétence ?

 

Sur le fond, les députés devaient se prononcer sur la continuation des opérations militaires dont ils n’ont à aucun moment questionné le but et la légitimité. Pourtant, la résolution 1973 du Conseil de sécurité donnait un mandat à la Coalition des volontaires sans rapport avec ce qu’elle a entrepris.

Il s’agissait exclusivement de protéger les civils de tous bords en instituant une zone d’exclusion aérienne. Or, cette zone n’a jamais été mise en œuvre puisque l’aéroport de Benghazi fonctionne. Surtout l’OTAN n’a jamais cherché à protéger les civils puisqu’au contraire, elle a couvert les crimes de guerre d’Al-Qaida en Cyrénaïque.

À la place, l’OTAN a détruit l’essentiel des capacités militaires de la Libye et des infrastructures non-pétrolières (ces dernières sont intactes en vue du pillage à venir). Elle a mené une politique d’assassinat ciblé contre les familles des dirigeants libyens et a lancé une traque contre la personne de Mouammar Kadhafi. En outre l’OTAN a violé l’embargo sur les armes à destination du pays et a institué un blocus maritime illégal pour affamer la Tripolitaine.
Comme l’ont répété les différents orateurs, à commencer par le Premier ministre, la résolution 1973 est la première application du principe de « responsabilité de protéger » adopté par les Nations Unies lors du sommet mondial de septembre 2005. Or, ce concept exclut toute intervention qui aurait comme objectif un « changement de régime ».


Christian Jacob s’est réjouit de la conquête de la Cyrénaïque et de la mise en place d’un gouvernement fantoche. Il a déclaré : « Notre pays a été le premier à reconnaître le Conseil national de transition et je souhaite rendre hommage à la clairvoyance du Président de la République. Le drapeau français flotte à Benghazi et c’est pour nous une source d’immense fierté. » (sic)

Les parlementaires ont donc en réalité été invités à avaliser l’agression de l’OTAN en violation de la résolution 1973. 482 sur 516 ont allégrement trempé leurs mains dans le sang des Libyens, souvent sans comprendre qu’on leur demandait en fait de couvrir le président Sarkozy.

En effet, la France, comme les autres États de la Coalition signataires du Traité de Rome aura bientôt à répondre de ses agissements. Presque toutes les actions entreprises par l’OTAN en Libye sont des crimes en droit international. Y compris le bombardement des sites de l’armée libyenne qui ressort d’une guerre de conquête et contrevient à la résolution 1973 ainsi que l’ont observé de nombreux responsables politiques dans le monde à commencer par Vladimir Poutine et Hugo Chavez.

Seuls les députés communistes et quelques socialistes mobilisés par l’ancien président de l’Assemblée nationale, Henri Emmanuelli, se sont opposés au crime.

 

Aveux


Il s’ensuit que les orateurs de la majorité présidentielle ont commis des imprudences qui pourront être lourdes de conséquences devant la Cour pénale internationale en laissant transparaître le mobile véritable de leur enthousiasme.
Ainsi, Philippe Folliot (président du groupe Nouveau Centre) a invité le gouvernement à défendre dès à présent les intérêts des entreprises françaises pour obtenir des contrats de reconstruction avec les autorités qui auront été mises en place à l’issue de la guerre.

La palme de la balourderie revient à Christian Jacob (président du groupe UMP) qui s’est félicité bruyamment de voir le drapeau français flotter sur Benghazi. Une formulation sans équivoque par laquelle il admet que l’opération Harmattan est une guerre de conquête.

Thierry Meyssan

Thierry Meyssan. Thu, 28 Jul 2011
RÉSEAU VOLTAIRE


Mohamed ZEMIRLINE

mercredi 13 mai 2015

La Main Rouge

La Main Rouge

Les services secrets (main rouge) pendant la guerre d'Algérie tuent des avocats du FLN mais ratent Vergès


 Par Les films du Gri-Gri International
Les services secrets français cumulent les superlatifs, les idées reçues, les paradoxes. Qui les contrôle ? Quel est leur rôle ? Quel est leur pouvoir réel ? À travers des archives rares et les interviews des témoins directs de cette histoire trouble, cette série documentaire explore les arcanes des services secrets français. www.legrigriinternational.com
http://www.wat.tv/video/services-secrets-main-rouge-3ivrp_2hpbt_.html

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France InterEmission Rendez-vous avec X :

Le 11 09 2010 :

- La main rouge 1/2 :

Par jackyshow38

http://www.dailymotion.com/video/xiiifb_rdv-avec-x-la-main-rouge-1sur2_school

- La main rouge 2/2 :

Par jackyshow38

http://www.dailymotion.com/video/xiihyz_rdv-avec-x-la-main-rouge-2sur2_school

 

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vendredi 8 mai 2015

La Main Rouge

La Main rouge

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Main_rouge_(groupe_armé)

La Main rouge est le nom d'une organisation armée française obscure opérant dans les années 1950, d'abord en Afrique française du Nord (AFN), puis en Europe.
Sans doute liée aux services secrets français, le Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE), la Main rouge aurait été le nom d'une organisation ayant commis des meurtres et des attentats, aussi bien en Europe qu'en Afrique du Nord, contre des militants de l'indépendance du Maroc, de l'Algérie et de la Tunisie. Il est toutefois possible qu'il y ait eu en réalité deux organisations : la première créée par des colons radicaux, la seconde constituant une récupération par le SDECE de cette « couverture » pour mener des homicides ciblés sur les indépendantistes.



Origine et création


La France n'ayant pas ouvert ses archives secrètes relatives à cette période, on en est réduit à des recoupements de sources diverses.
La Main rouge a été soupçonnée d'être une organisation fictive créée par certains agents des services secrets français, le SDECE, pour attribuer à une fausse officine des activités de sabotages et d'assassinats qu'effectuaient depuis quelques années des colons radicaux anti-indépendantistes. Selon Constantin Melnik, l'inventeur de cette deuxième Main rouge serait le général Paul Grossin, chef du SDECE de 1957 à 1962.
Dans leur ouvrage intitulé Histoire secrète de la Ve République, Roger Faligot et Jean Guisnel désignent la Main rouge comme « la machine à tuer des services secrets français », c'est-à-dire du SDECE. Selon ces auteurs, le feu vert de cette entreprise aurait été donné par le gouvernement socialiste de Guy Mollet.

Premières actions en AFN


En Tunisie, on attribue notamment à la Main rouge l'assassinat du militant et syndicaliste tunisien Farhat Hached, le 5 décembre 1952, ainsi que ceux d'autres figures du mouvement national tunisien : Hédi Chaker le 13 septembre 1953, Abderrahmen Mami, nationaliste et médecin particulier du bey de Tunis, le 13 juillet 1954, puis les frères Taher et Ali Haffouz à Kairouan1. D'après Antoine Méléro, ancien membre de la Main rouge, l'organisation aurait commis une quarantaine d'attentats en Tunisie.
Les milieux nationalistes tunisiens voient une paternité entre l'organisation de la Main rouge et le parti qui représente les colons, le Rassemblement français de Tunisie. Antoine Colonna, le leader de ce parti, est ainsi considéré comme le fondateur de la Main rouge2. Le Néo-Destour organise par le biais de ses partisans armés une campagne d'assassinats ciblés contre les colons soupçonnés être proches de cette organisation3.
Le 11 juin 1955, l'assassinat à Casablanca de Jacques Lemaigre Dubreuil, militant pour l'autonomie du Maroc, est aussi attribué par certains auteurs [Qui ?] à ce groupe.

Actions en Europe contre l'indépendance algérienne


Le premier attentat a lieu le 28 septembre 1956 à Hambourg (Allemagne), chez Otto Schlütter, un trafiquant d'armes qui approvisionne le Front de libération nationale algérien, tuant son employé ; un autre attentat tue sa mère en juin 1957.
Le 9 septembre 1957 à Genève, un fabricant de détonateurs, Georges Geitser, est poignardé. Puis, le 19, toujours à Genève, c'est Marcel Leopold, autre trafiquant d'armes, qui est assassiné par une flèche empoisonnée tirée à la sarbacane4.
Le 5 novembre 1958, Améziane Aït Ahcène, délégué du Gouvernement provisoire de la République algérienne, essuie des tirs de pistolet au centre de Bonn, la capitale ouest-allemande5 ; Der Spiegel dénonce alors la main de la France, alors que L'Humanité et L'Express accusent un certain colonel Mercier. Une opération ratée, le 5 juillet 1959 à Rome, qui vise le représentant du FLN Taïeb Mohamed Boulhouf, tue quant à elle un enfant de dix ans nommé Rolando Rovai5.
Les assassinats sont nombreux en Allemagne de l'Ouest, Suisse, Belgique, Italie et Pays-Bas d'après Faligot et Guisnel ; Constantin Melnik évoque 135 personnes tuées pour la seule année 1960.

Action en justice


Le 16 mars 2010, la famille de Farhat Hached, la Ligue des droits de l'homme et la FIDH portent plainte au Tribunal de grande instance de Paris pour apologie de crime de guerre contre Antoine Méléro, un ancien policier français, en raison de ses déclarations que diffuse la chaîne de télévision Al Jazeera le 18 décembre 20096. Dans cette émission, Méléro approuve l'opération en ces termes : « Moi, je la trouve légitime, si c'était à refaire, je referais ».
Méléro, entré dans la police au Maroc, en mars 1952, aurait rejoint la Main rouge en décembre de la même année. Suspecté dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat de Lemaigre Dubreuil en 1955, il est arrêté lors de son retour en France, placé en détention provisoire puis relâché ; il bénéficie d'un non-lieu en 1964 puis se voit révoqué de la police en 19656.

Notes et références


3.  Noura Boursali, Bourguiba à l'épreuve de la démocratie. 1956-1963, éd. Samed, Sfax, 2008, p. 75 (ISBN 9789973380814).
4.  Roger Faligot et Jean Guisnel [sous la dir. de], Histoire secrète de la Ve République, coll. Cahiers libres, éd. La Découverte, Paris, 2006, p. 54
5. a et b (fr) Diverses coupures de presse de l'époque (Terminus Carthage) [archive]

- Roger Faligot et Jean Guisnel [sous la dir. de], Histoire secrète de la Ve République, coll. Cahiers libres, éd. La Découverte, Paris, 2006 (ISBN 2707149020)
- Pierre Genève, La Main rouge, éd. Nord-Sud, Paris, 1960
- Antoine Méléro, La Main rouge. L'armée secrète de la république, éd. du Rocher, Paris, 1997 (ISBN 226802699X)
- Constantin Melnik, Un espion dans le siècle. Tome 1. La Diagonale du double, éd. Omnibus, Paris, 1994 (ISBN 2259026818)

Filmographie

- Hors-la-loi, film de Rachid Bouchareb- Agents secrets, film de Frédéric Schœndœrffer, dans lequel il s'inspire du sabotage en baie de Tanger de la Bruja Roja, le navire de Georg Puchert, trafiquant d'armes nazi qui approvisionnait le FLN


Opérations Omo :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Opérations_Omo

Lien externe

Texte sur La Main rouge (Harissa.com) :

http://www.harissa.com/D_Histoire/lamainrouge.htm

 

 

Mohamed ZEMIRLINE

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La Main Rouge

Révélation sur l’histoire de La Main Rouge :
En Tunisie & Ailleurs.
1956-1960

 La Douda : (Agence de presse alternative)
http://www.harissa.com/D_Histoire/lamainrouge.htm

Explications:

La Main Rouge dissimulait l'action homicide des services spéciaux français entre 1956 et 1960, placés sous la direction de Constantin Melnik et sous la responsabilité du Premier ministre Michel Debré. Il était alors vital, pour le gouvernement français, isolé diplomatiquement, de ne pas être désigné comme l'organisateur d'actions de guerre sur le territoire de pays amis.

Les cibles visées étaient essentiellement les partisans du terrorisme algérien et les trafiquants d'armes amis du FLN, partout où cela semblait nécessaire y compris sur des territoires extranationaux, notamment l'Allemagne, la Belgique et la Suisse.

Celui qui inventa le mythe d'une organisation secrète autonome est un général né en Algérie en 1901, Paul Grossin, chef du SDECE en 1957.

Il se souvient d'un petit groupe profrançais de Tunis qui s'était baptisé Main Rouge, au début des années cinquante, et monte toute l'opération d'intoxication.

Les services français bâtissent un organigramme, créent un état-major fictif et commencent à fournir à la presse des déclarations enflammées, revendiquant chacun des attentats. Dans le même temps, les mêmes services font semblant de tenter de saisir cette organisation.

Dans son livre « Un espion dans le siècle », Constantin Melnik donne la parole à l'inventeur de La Main Rouge, le général Grossin: « Chaque fois que nous tirons un coup de pistolet, les flics du cru trouvent malin de rendre publiques les fausses identités que nous avons employées. Pour stopper les rumeurs qui, dès avril 1960, attribuent les attentats aux livres piégés aux services secrets, ces derniers convoquent quelques journalistes bien intentionnés pour leur livrer des informations inédites sur « La Main Rouge ».

Dans leur ouvrage "La Piscine, les services secrets 1944-1984", Roger Faligot et Pascal Krop expliquent que l'un des éléments essentiels de la manipulation prend, une fois encore, la forme d'un livre qui sera diffusé au mois de juillet 1960 par les éditions Nord-Sud. Il a pour titre « La Main Rouge », et consiste en une très longue interview de l'un des fondateurs de l'organisation.

Sa confession, très documentée, est recueillie par un auteur de roman d'espionnage, Pierre Genève, pseudonyme de Kurt-Emile Schweizer né à Monaco en 1931.

Légende: « Ils sont riches, ils sont intouchables, ils sont sans foi ni patrie. Aux quatre coins de l'Europe ils tissent implacablement la toile d'araignée de leur trafic immonde. Excités par l'appât de gains fabuleux, ils attisent haines et rancoeurs pour fournir ensuite, aux hommes qu'ils ont déchaînés, les moyens de s'entre-tuer. Mais une Main se lève, couleur de ce sang qu'ils ont tant versé, une Main justicière qui va frapper sans relâche, sans merci » - Citation, La Main Rouge, éditions Nord-Sud

Détails:

28 septembre 1956: A Hambourg, les bureaux du trafiquant d'armes Otto Schlütter sautent. Son adjoint Lorenzen est tué.

3 Juin 1957: Hambourg, la vieille mère de Schlütter meurt dans l'explosion de sa voiture.

18 Juillet 1957: Le bateau la Bruja roja appartenant au trafiquant allemand Georg Puchert, saute à Tanger.

21 Juillet 1957: A Tanger encore, c'est le tour du navire Typhoon.

30 Juillet 1957: Explosion du petit cargo Emma entre Tanger et Gibraltar.

9 Septembre 1957:Georges Geiser, fabricant de détonateurs, est poignardé à Genève.

19 Septembre 1957:
Marcel Léopold, négociant en armes est assassiné à Genève par une fléchette empoisonnée lancée par une sarbacane à air comprimée. Il était un fournisseur d'explosifs du FLN (Front de Libération National, Algérie).

1 Octobre 1958: Le navire Atlas explose à Hambourg

5 Novembre 1958: Assassinat à Bonn du dirigeant du FLN, Aït Ahcène, sous couverture diplomatique tunisienne.

28 Novembre 1958: L'avocat algérien Auguste Thuveny est tué dans l'explosion de sa voiture à Rabat.

19 Janvier 1959: L'Algérien Abd-El Soualem est tué devant la gare de Sarrebrück.

3 Mars 1959: Georg Puchert saute dans sa voiture piégée à Francfort.

13 Avril 1959: Le cargo Alkaira saute à Ostende.

21 Mai 1959: Rue Saint-Marc à Paris, la police découvre le cadavre de Ould Aoudia, avocat du barreau de Paris, tué de 2 balles de 9 mm.

5 Septembre 1959: Dans le Val d'Aoste, des montagnards trouvent à 3000 mètres, à Testa di Balbe, un avion pulvérisé à la suite d'une explosion en vol ; 5 cadavres dont celui d'un Algérien de l'entourage de Ferrat Abbas.

7 Septembre 1959: A Beyrouth, Mohammed Mahmoud Djami, gendre de l'ancien président du Conseil Irakien est de retour de Montreux où il a rencontré Ferrat Abbas. Il est abattu de 4 coups de revolver alors qu'il allait embarquer à bord d'un avion en partance pour les USA.

1 Janvier 1960: Abd El Kader est blessé, les deux mains arrachées par une explosion.

9 Mars 1960: L'étudiant Akli Aïssou est tué d'une balle à Bruxelles.

25 Mars 1960: Deux professeurs d'université belges favorables à l'indépendance algérienne sont visés : le professeur Georges Laperches est tué à Bruxelles par un colis piégé; le même jour, dans la même ville, Pierre Le Grève, se méfiant d'un livre piégé, a la vie sauve.

26 Septembre 1960: On retrouve en forêt de Rambouillet, le cadavre de Mohammed Mammar, speaker kabyle à la RTF.


15 Octobre 1960: Félix Moumié, leader camerounais de l'opposition est empoisonné à Genève.

15 Ocotbre 1960: Wilhem Beissner perd les deux jambes dans l'explosion de sa voiture à Munich.
SOURCE :
La Douda

http://www.harissa.com/D_Histoire/lamainrouge.htm